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Deux journalistes tués après un attentat perpétré dans un hôpital au Pakistan

Des journalistes pakistanais à Karachi manifestent contre un attentat-suicide à Quetta qui a tué des dizaines de personnes, y compris des journalistes, le 8 août 2016
Des journalistes pakistanais à Karachi manifestent contre un attentat-suicide à Quetta qui a tué des dizaines de personnes, y compris des journalistes, le 8 août 2016

AP Photo/Shakil Adil

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 8 août 2016.

Reporters sans frontières (RSF) condamne avec force l'attentat perpétré le 8 août 2016 dans un hôpital gouvernemental de Quetta, au Baloutchistan (sud-ouest du pays), qui a fait près de 100 morts dont deux journalistes locaux. L'organisation demande une enquête approfondie des autorités et appelle les médias à anticiper les risques dans la couverture de l'actualité dans toute la région.

Deux caméramen de télévision font partie de la centaine de personnes tuées lors de cet attentat-suicide. Le journaliste et caméraman pour Aaj Tv Shehzad Ahmed est mort sur le coup tandis que son confrère, caméraman pour la chaîne de télévision Dawn News, Mehmood Khan, est décédé à l'hôpital civil-militaire où des médecins tentaient de le sauver. Un journaliste de la chaîne Dunya News, appelé Faridullah, a quant à lui été blessé mais a pu être soigné.

L'explosion est survenue peu après l'arrivée à l'hôpital d'un avocat renommé, Bilal Anwar Kasi, victime d'une attaque armée dans la ville. Certains de ses confrères étaient venus prendre de ses nouvelles tandis que des reporters avaient été dépêchés par leur rédaction pour couvrir l'information de cet assassinat.

“Nous adressons en premier lieu toutes nos condoléances aux proches et aux familles des victimes de cet acte barbare, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Nous demandons au gouvernement du Baloutchistan de tout mettre en œuvre afin d'appréhender les commanditaires de l'attaque. Les médias doivent également prendre des mesures supplémentaires en matière de prévention des risques pour leur reporters. Le modus operandi de l'attaque n'est pas sans rappeler celui, tristement connu du “twin blast” par lequel les terroristes cherchent à maximiser le nombre de victimes. Les rédactions ne doivent pas céder à l'impératif de 'l'information en temps réel' si cela peut mettre en danger leurs journalistes.”

La stratégie du “twin blast” (“double explosion”) est fréquemment utilisée par les terroristes au Pakistan et en Afghanistan. Une première explosion sert à attirer les services de sécurité, les secours et les journalistes sur place, avant qu'une deuxième explosion ne survienne. En 2013, les journalistes Imran Shaikh, caméraman de la chaîne de télévision Samaa News, Mohammad Iqbal, photographe de l'agence de presse privée News Network International (NNI), et Saifur Rehman, reporter de Samaa News, avaient été tués dans une telle attaque, à Quetta.

En mars 2014, Reporters sans frontières avait appelé au renforcement de la sécurité des journalistes couvrant l'élection présidentielle afghane et soumis à la menace du double attentat. L'organisation continue également de diffuser le Guide pratique de sécurité des journalistes servant notamment aux journalistes en zone de conflit, élaboré en coopération avec l'UNESCO.

Malgré une baisse des assassinats de professionnels des médias en 2015, ayant entraîné une amélioration de sa place au Classement mondial de la liberté de la presse 2016, le Pakistan figure au 147e rang sur 180 pays.

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