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Détérioration de la liberté de la presse dans le "Hamastan"

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce fermement les exactions répétées de la Force exécutive du Hamas contre les journalistes palestiniens dans la bande de Gaza. Par ailleurs, l'organisation s'inquiète de la volonté du parti islamiste d'appliquer une loi sur la presse datant de 1995, lui permettant de contrôler plus étroitement encore le travail des médias.

"Depuis la prise de pouvoir du Hamas, la situation des journalistes s'est gravement détériorée dans la bande de Gaza. Les dirigeants du parti ont fourni de gros efforts en juillet dernier pour faire libérer le journaliste britannique Alan Johnston, mais lorsqu'il s'agit des journalistes locaux, les membres de la Force exécutive se transforment vite en ennemis de la liberté de la presse. Sans aucune retenue, ils n'hésitent pas à faire usage de la violence", a déclaré l'organisation.

"Nous sommes d'autant plus inquiets que le Hamas a décidé de renforcer son contrôle des médias en faisant appliquer une loi adoptée en 1995 par Yasser Arafat. A cette époque, l'Autorité palestinienne multipliait les saisies et suspensions de journaux, interpellant et emprisonnant les journalistes récalcitrants afin de les mettre au pas. Nous ne voulons pas que cela se reproduise dans la bande de Gaza sous le contrôle du Hamas", a ajouté Reporters sans frontières.

Le 24 août 2007, six journalistes ont été interpellés par des membres du bras armé du Hamas, intervenus pour disperser une manifestation de sympathisants du Fatah à Gaza. Le caméraman Jamal Abou Nahl, de la chaîne de télévision Al-Arabiya, deux photographes de l'Agence France-Presse (AFP) Mohammed Abed et Mohammed Al-Bada, le caméraman Khaled Balbel, de l'agence Zoom, un caméraman de la télévision satellitaire Russia Today, Mostapha Al-Bayed et Mohammed Dahmane, de l'agence Mayadine, ont été retenus pendant quelques heures à la Saraya, quartier général du Hamas à Gaza. Leur matériel a été saisi et leurs bandes audio et vidéo détruites. "Les membres de la Force exécutive voulaient nous obliger à affirmer publiquement sur Al-Aqsa TV [chaîne de télévision du Hamas] qu'aucun journaliste n'avait été maltraité pendant la manifestation. Mais nous avons refusé", a déclaré à Reporters sans frontières Khaled Balbel. Les six hommes ont été libérés suite au rassemblement de dizaines de journalistes venus protester contre leur détention.

Le lendemain soir, une quinzaine d'hommes armés de la Force exécutive ont tenté, en vain, d'interpeller un correspondant de l'Agence France-Presse, également président de la branche du Syndicat des journalistes palestiniens à Gaza, Sakher Abou el-Oun. Plusieurs de ses collègues, alertés par téléphone, ont accouru pour former une chaîne humaine autour de son domicile et en bloquer l'accès aux membres du Hamas. Sakher Abou el-Oun avait, la veille, vivement critiqué les violences commises par le Hamas contre les journalistes. Les hommes armés ne sont partis qu'après l'intervention d'un haut dirigeant du parti qui a parlé d'un "malentendu" (consulter l'alerte de l'IFEX du 27 août 2007).

Par ailleurs, les dirigeants du Hamas ont annoncé, le 27 août, leur volonté de faire appliquer une loi sur la presse, mise en place en 1995 par Yasser Arafat. Ce texte prévoit des peines de six mois de prison et la fermeture des journaux s'ils publient des informations susceptibles "de mettre en danger l'unité nationale, d'inciter au crime ou à la haine, à la division ou aux dissensions interreligieuses". Les journalistes qui publieront des informations négatives sur "la police, les forces de sécurité, leur armement" risqueront également des poursuites judiciaires.

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