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LES MEMBRES DE L'IFEX PROTESTENT CONTRE L'INTERDICTION, PAR ISRAËL, DES MÉDIAS ÉTRANGERS À GAZA

Le ministère de la Défense d'Israël a réimposé l'interdit fait aux journalistes étrangers d'entrer dans la Bande de Gaza, en dépit des protestations des membres de l'IFEX et des dirigeants des grandes organisations de nouvelles, et d'un appel à la Cour suprême.

L'interdit a été levé le 4 décembre, après des semaines de protestations de la part des médias, mais il a été réimposé le lendemain dans le cadre de mesures plus vastes de fermeture de la frontière de Gaza en réponse aux attaques à la roquette des Palestiniens.

ARTICLE 19 compare l'interdit aux tactiques utilisées par la junte militaire birmane. « La levée de l'interdit pendant une journée n'est rien d'autre qu'un autre tour cruel dans le traitement du peuple palestinien. Cela nous rappelle le blackout des informations imposé par les autorités birmanes dans le sillage de la Révolution de safran puis, de nouveau, après le cyclone qui a frappé le pays en mai 2008 », dit ARTICLE 19.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Peter Lerner, a déclaré que la décision de laisser entrer les journalistes dans la Bande de Gaza serait revue chaque jour. D'après AP, des officiels israéliens ont dit que l'accès serait rétabli lorsque les Palestiniens allaient cesser leurs attaques au-dessus de la frontière.

« La liberté de mouvement des journalistes doit être garantie en tout temps », dit Reporters sans frontières (RSF). « Les autorités israéliennes ne doivent pas être en position de choisir ce que la presse peut et ne peut pas couvrir. »

Les autorités israéliennes ont imposé le 5 novembre un « blackout des nouvelles » au milieu d'un épisode de frappes israéliennes contre les militants et les roquettes palestiniennes. La veille, elles avaient étendu leur blocus de Gaza pour empêcher d'y laisser entrer de la nourriture, du combustible et des denrées essentielles, y compris des provisions livrées par l'ONU.

D'après AP, le premier ministre Ehud Olmert n'a pas répondu à une lettre du 21 novembre de dirigeants d'entreprises de presse du monde, dont le président d'AP Tom Curley, le rédacteur en chef de Reuters David Schlesinger, le directeur de la rédaction du « New York Times » Bill Keller, le président de ABC News David Westin et la directrice de BBC News Helen Boaden. Toutes ces personnes ont fait part de leur grave préoccupation devant « le déni d'accès, prolongé et sans précédent, des médias internationaux à la Bande de Gaza ». La lettre de RSF au ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, pour protester contre cet interdit est elle aussi restée sans réponse.

Selon RSF et ARTICLE 19, le blackout représente la tentative d'Israël pour gérer la couverture internationale des nouvelles concernant le déclin des conditions humanitaires à Gaza. Un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré aux reporters que la couverture internationale exagérait les souffrances des Palestiniens.

L'Association de la presse étrangère basée à Tel-Aviv a demandé à la Cour suprême d'Israël de renverser l'interdiction de déplacement, faisant valoir qu'elle constitue « un coup grave et mortel porté à la liberté de la presse et aux autres droits fondamentaux, et qu'elle donne le sentiment déplaisant que l'État d'Israël a quelque chose à cacher. » la Cour a fixé à la fin de ce mois-ci une date d'audience sur la question.

Le gouvernement israélien a interdit aux journalistes israéliens d'entrer à Gaza depuis le début du blocus israélien, il y a plus de deux ans, par crainte pour leur sécurité. Les reporters étrangers étaient autorisés à y entrer, mais sont soumis à des vérifications de sécurité, à l'autorisation gouvernementale et à la censure militaire.

Ces dernières années, un certain nombre de journalistes ont été tués ou blessés par les forces de sécurité israéliennes pendant qu'ils couvraient le conflit, notamment Fadel Shana, un cameraman palestinien qui travaillait pour Reuters, tué en avril 2008.

Depuis l'entrée en vigueur de l'interdit de voyage, la couverture à Gaza est laissée en grande partie aux employés palestiniens sur place et à une poignée de journalistes étrangers qui sont déjà là, dit AP.

Par ailleurs, le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Mada) rapporte de graves restrictions imposées aux reporters palestiniens ces derniers jours - reflet de la tension croissante entre le Fatah et le Hamas. L'agence de nouvelles indépendante Ramatan a suspendu le travail à ses bureaux palestiniens pour protester contre le harcèlement de ses bureaux en Cisjordanie, tandis que des journalistes indépendants rapportent être attaqués et arrêtés. « Le harcèlement va jusqu'à des pressions exercées sur les journalistes pour éviter qu'ils ne couvrent les événements internes », dit le Mada. Pour en savoir plus sur les attaques récentes, aller à : http://www.madacenter.org

Consulter également les sites suivants :
- ARTICLE 19 : http://tinyurl.com/58ng4f
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=29353
- AP : http://tinyurl.com/5ofyoa
(10 décembre 2008)

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