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Le Hamas ferme un syndicat de journalistes

Les services de sécurité du Hamas ont effectué la semaine dernière à Gaza une descente au quartier général du Syndicat des journalistes de Palestine (PJS) et ont procédé à sa fermeture indéfinie, selon ce que rapportent le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias (Palestinian Center for Development and Media Freedoms, MADA), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ). C'est là la dernière en date d'une série d'attaques militaires menées de tous les côtés contre la presse palestinienne dans cette région explosive.

Les autorités accusaient le syndicat d'« intrusion inexcusable » dans les affaires internes des journalistes palestiniens, a déclaré la FIJ.

Selon l'ANHRI, la fermeture fait suite au raid du Hamas contre le syndicat en juillet, lorsque celui-ci a confisqué tous les ordinateurs.

« Il est impossible de ne pas conclure que les autorités du Hamas visent les journalistes qui souhaitent promouvoir la solidarité et l'unité au sein de la communauté palestinienne », a dit le président de la FIJ Jim Boumelha, qui dirigeait une délégation de la FIJ en Palestine le mois dernier pour faire enquête sur les conséquences de l'occupation israélienne et s'attaquer aux problèmes de liberté de mouvement des journalistes.

Le Hamas a empêché l'Université d'Al Azhar à Gaza de tenir une conférence vidéo entre le PJS et la délégation de la FIJ. Les délégués de la FIJ s'étaient vu refuser la permission d'entrer à Gaza en passant par Israël.

Le PJS a tenu des ateliers pour créer une « constitution moderne » afin d'unir les journalistes à travers la Palestine et empêcher une scission au sein du syndicat. Le Hamas a expulsé le mouvement laïque du Fatah hors de Gaza quand il a pris le pouvoir en juin 2007. Le MADA coordonnait en outre des réunions mensuelles des journalistes du PJS, d'autres médias et des autorités, notamment du Ministère de l'Information, afin d'améliorer la situation de la libre expression.

Selon le MADA, parmi les autres attaques survenues récemment contre la presse, on note la détention et le passage à tabac que le photographe d'Associated Press Nasser Shyoukhi a subi le 25 septembre aux mains des forces de sécurité israéliennes tandis qu'il couvrait une manifestation hebdomadaire à Beit Omar, en Cisjordanie, contre une colonie juive située tout près.

Dans un autre incident, la police israélienne a menacé de mort une journaliste palestinienne le 24 septembre à Jérusalem, après qu'elle eut interviewé la famille d'un enfant palestinien mort d'avoir inhalé le gaz d'une grenade lancée par des soldats israéliens. Diala Jwehan, correspondante de « Al-Quds Net », a déclaré que le policier de faction à l'extérieur du domicile de sa famille avait menacé de lui tirer dessus et de lancer des gaz lacrymogènes contre elle et un collègue, selon ce que rapporte le MADA. « Nous avons cru que nous allions mourir. La situation était très effrayante », a dit Jwehan.

Jwehan a aussi été visée deux jours auparavant, rapporte le MADA. Le 22 septembre, Jwehan et Nader Baybres, correspondant de la télévision palestinienne, ont été frappés par des bombes de gaz lacrymogènes tandis qu'ils couvraient des manifestations de protestation entre des soldats israéliens et des jeunes palestiniens à Jérusalem.

Plusieurs autres journalistes se sont plaints ces dernières semaines d'être arrêtés et détenus sans accusations, tant par le Hamas que par les forces de sécurité israéliennes. Pour plus de précisions sur ces affaires, consulter le rapport mensuel du MADA et d'autres alertes sur son site web.

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