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Tollé à propos d'une condamnation pour diffamation criminelle en dépit de la grâce présidentielle

La grâce accordée la semaine dernière par le Président du Panama, Ricardo Martinelli, à deux journalistes de la télévision condamnés à la prison pour avoir diffamé des officiels ne résout pas le problème sous-jacent du Panama, qui possède toujours des lois sur la diffamation criminelle, indiquent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF), la Société interaméricaine de la presse (SIP) et d'autres membres de l'IFEX.

Le 28 septembre, une cour d'appel a condamné Sabrina Bacal, directrice de l'information à la chaîne TVN Canal 2, et le journaliste Justino González à un an de prison, et leur a interdit de pratiquer le journalisme pendant un an, pour avoir diffusé en 2005 un reportage selon lequel de hauts responsables de immigration panaméenne participaient à un trafic d'être humains.

Devant les critiques de la presse locale et des défenseurs des droits de la personne, Martinelli a offert la grâce présidentielle la semaine dernière.

Alors que la grâce a été bien reçue, les journalistes panaméens se sont unis pour exprimer leurs objections à ces lois. Le 8 octobre, les stations de radio et de télévision ont fait silence pendant 30 secondes lors de la diffusion des bulletins de nouvelles pendant la journée, en signe de deuil de la liberté d'expression. Pendant la soirée, les journalistes ont protesté devant la Cour suprême et demandé la révision des lois considérées comme une restriction à la liberté d'expression, selon ce que rapporte le Knight Center.

Au début de l'année, le journaliste panaméen de renom Carlos Núñez López a passé 20 jours en prison parce qu'il aurait diffamé un propriétaire foncier dans une histoire de dommages environnementaux, selon ce que rapporte le CPJ.

Sur le plan régional, certains pays ont commencé à abroger des lois qui mettent en prison des reporters pour diffamation. L'Argentine a retiré du code pénal les dispositions en matière de diffamation criminelle en novembre 2009, tandis qu'en avril 2009 le Brésil annulait la Loi de 1967 sur la presse, qui avait servi à imposer de lourdes peines pour diffamation criminelle, dit le CPJ.

D'après le CPJ, le Panama n'a décriminalisé que partiellement la diffamation. Dans le cadre de la réforme de 2008, des sanctions criminelles ne peuvent être imposées dans les affaires de diffamation de hauts responsables publics. Mais d'autres dispositions en matière de diffamation criminelle demeurent. L'affaire de la Chaîne 2 pourrait quand même être soumise aux règles de la diffamation criminelle, par exemple, parce qu'aucun haut responsable n'était en cause, a déclaré au CPJ Miguel Bernal, un juriste panaméen qui traite de questions reliées à la liberté de la presse.

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