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RSF demande l'ouverture d'une enquête parlementaire sur une affaire d'espionnage de journalistes

(RSF/IFEX) - RSF est extrêmement préoccupée par les révélations du 14 septembre 2003 de l'émission "La ventana indiscreta" ("La fenêtre indiscrète"), diffusée sur la chaîne privée Frecuencia Latina, selon lesquelles les services de renseignements péruviens (Consejo Nacional de Inteligencia, CNI) ont espionné plusieurs de ses journalistes ainsi que des professionnels d'autres chaînes.

"Les actes imputés au CNI sont graves car ils mettent en danger le secret des sources, véritable pierre angulaire de la liberté de la presse et du journalisme d'investigation", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF, dans une lettre adressée à Henry Pease García, président du Congrès péruvien. L'organisation a demandé à ce dernier l'ouverture d'une enquête parlementaire sur cette affaire.

"Il est irrecevable que M. Alfonso Panizo Zariquiey, président du CNI, tente de justifier la nécessité pour le CNI d'identifier les auteurs de fuites au sein de cette institution par des méthodes totalement illégales et illégitimes", a commenté RSF.

Le 14 septembre, l'émission "La ventana indiscreta" a publié deux rapports attribués au CNI mettant en cause cette institution dans l'espionnage de plusieurs journalistes.

Le premier, intitulé "Enrique 2003", daté du 18 août, révèle l'existence d'un plan visant à identifier les fonctionnaires qui fournissent à la presse des informations classées sur les dirigeants du CNI. Le rapport compile plusieurs informations (antécédents, diplômes, adresses, téléphones, courriers électroniques. . .) sur les membres de l'équipe de "La ventana indiscreta", dirigée par Enrique Flor Zappler. Il accuse également ce dernier d'avoir fait appel à des entreprises privées de sécurité, avec la complicité d'un magistrat, pour effectuer des écoutes téléphoniques de fonctionnaires et de hauts responsables du CNI.

Le deuxième rapport, intitulé "Enrique II", détaille la surveillance dont est l'objet Flor Zappler par le CNI. Il indique également qu'une "enquête détaillée" des appels passés et reçus depuis les bureaux de l'émission de télévision a été menée. Cecilia Valenzuela, animatrice de l'émission, a également affirmé que les journalistes suivants étaient également l'objet de surveillance : Cesar Hildebrandt, animateur de l'émission "La Boca del Lobo" ("La gueule du loup"), diffusée sur Frecuencia Latina, Juan Carlos Tafur, directeur du quotidien "Correo", et Jaime de Althaus, animateur de l'émision d'information "La Hora N", diffusée sur la chaîne par câble Canal N.

Dans un entretien publié par le quotidien "El Comercio", le 15 septembre, Panizo Zariquiey a reconnu l'authenticité des rapports publiés par la chaîne de télévision, en expliquant que son institution ne souhaitait pas s'en prendre à la presse mais recherchait l'identité de ceux qui, en son sein, se rendaient coupables de fuites d'informations vers la presse.

"Les rapports diffusés par l'émission de Cecilia Valenzuela ont été publiés par du personnel de cette institution qui souhaite avoir ma tête et déstabiliser le CNI", a déclaré le chef du CNI sur Canal N. Il a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les auteurs des rapports dont il a déclaré ne pas avoir eu connaissance auparavant.

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