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Tentative d'assassinat d'une journaliste américaine à Lima

(RSF/IFEX) - RSF est vivement préoccupée par la violente agression dont a été victime la journaliste américaine Sharon Stevenson. Dans une lettre adressée à Fernando Rospigliosi, ministre de l'Intérieur, l'organisation, qui s'est félicitée de l'ouverture d'une enquête par la police, a demandé à être tenue informée de ses résultats. "Nous sommes d'autant plus préoccupés que différents indices révèlent que la journaliste a été agressée en raison de ses activités", a déclaré l'organisation.

Le 10 décembre 2003, Stevenson, correspondante au Pérou de la chaîne CNN, de l'hebdomadaire "Newsweek" et de la radio Voice of America, a été retrouvée étendue et inconsciente près de son véhicule dans un quartier populaire de la capitale péruvienne. Elle portait des traces de strangulation et de multiples contusions sur le corps, dont un coup particulièrement fort sur la tête, probablement responsable de son amnésie partielle. La journaliste avait quitté son domicile dans l'après-midi pour se rendre à un rendez-vous avec Romel Pinedo, un informateur colombien censé lui apporter la preuve de l'usage d'un agent biologique dans les opérations d'éradication de la culture de la coca menées par le gouvernement. Selon l'enquête de la police, lorsqu'ils se sont retrouvés, vers 18h30 (heure locale), celui-ci serait monté dans la voiture de la journaliste.

Stevenson enquêtait depuis une dizaine d'années sur l'utilisation d'un champignon, le Fusarium Oxysporum, dans les programmes de lutte contre le trafic de drogue au Pérou. Malgré les nombreuses plaintes déposées par les fermiers victimes des campagnes de destruction des plants de coca, le gouvernement péruvien et l'administration américaine, qui soutient ces opérations, ont toujours démenti en avoir fait usage.

Deux jours avant son agression, le 8 décembre, la journaliste était intervenue dans une émission de radio locale dans laquelle elle avait confirmé l'infiltration de membres de la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) sur le territoire péruvien. Elle dénonçait depuis plusieurs années le manque de vigilance de la part des autorités péruviennes en charge de la surveillance de la frontière colombo-péruvienne. L'informateur que la journaliste allait retrouver le jour de son agression a été identifié, par la suite, comme un ex-membre des FARC.

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