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DEUX JOURNALISTES DE RMN SONT TUÉS; L'IMPUNITÉ RÈGNE

Deux attentats distincts ont entraîné la mort de deux communicateurs de Radio Mindanao Network (RMN) en moins de quatre jours au début août 2008. L'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), une coalition de journalistes et de groupes de défense de la liberté de la presse thaïs, indonésiens et philippins, a déclaré que ces décès faisaient ressortir la crise continue de l'impunité qui sévit aux dépens des journalistes des Philippines.

Le 4 août, le chef d'antenne Dennis Cuesta de la station « dxMD » a été coincé dans un guet-apens et abattu de plusieurs projectiles à General Santos City, dans l'île de Mindanao. Il a succombé après trois jours de coma.

Le 7 août, Martin Roxas, directeur de la programmation à la station soeur de RMN, « dyVR », a été abattu par un inconnu circulant à motocyclette. Il est mort une heure plus tard à l'hôpital de Roxas City, province de Capiz.

Selon le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR) Roxas est le quatrième journaliste/travailleur des médias philippin tué cette année dans l'exercice de son métier, et le 33e depuis 2001, soit depuis l'arrivée au pouvoir de la présidente Gloria Macapagal Arroyo.

Les cadres de RMN et leurs collègues croient que les deux attentats sont reliés à la pratique du journalisme par les victimes. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a constaté que les tueurs circulaient à motocyclette, pratique courante dans les assassinats de journalistes philippins, et que les attentats ont été commis en plein jour.

« Nous sommes dégoûtés et indignés », a déclaré le directeur général de la SEAPA Roby Alampay. Il y a à peine cinq mois, des journalistes, des juristes et des défenseurs des droits de la personne d'Asie du Sud-Est, d'Europe, des États-Unis et d'Amérique latine se sont réunis à Manille pour exiger la fin de l'impunité dans laquelle baignent les assassinats des journalistes philippins. « Le juge en chef Reynato Puno a lui-même donné le ton à cette rencontre, affirmant que la fin de la violence contre les journalistes constituait un élément vital de la liberté de la presse et de la démocratie, et de l'avenir même de la nation philippine. Qu'a fait le gouvernement jusqu'à maintenant ? »

Lors de son émission de radio « Targetanay sa Ugto » (« Notre cible ce midi »), le 7 août, Roxas avait interviewé le politicien Antonio del Rosario au sujet de l'aide financière consentie aux patients indigents à l'hôpital pendant le mandat de del Rosario à la mairie de Roxas City. Roxas avait découvert des noms fictifs sur la liste des bénéficiaires, ce dont il avait discuté en ondes pendant deux semaines.

Jeony Bigay, de RMN, a déclaré que Roxas rentrait chez lui lorsqu'il a été attaqué. La station avait rapporté auparavant à la police locale des incidents de harcèlement impliquant trois inconnus dans le même secteur, précise Bigay. « Nous croyons que tout cela est entièrement relié au travail journalistique. »

La police de General Santos dit faire enquête sur des individus qui pourraient avoir été irrités par les commentaires de Cuesta lors de son émission d'affaires publiques « Straight to the Point » (Dans le vif du sujet), en particulier ceux qui portaient sur un litige foncier. Selon le Syndicat national des journalistes des Philippines (NUJP), Cuesta, qui était affilié à la Fédération internationale des journalistes (FIJ), était connu pour la fermeté de ses commentaires sur le jeu illégal, la drogue et la corruption gouvernementale.

Consulter les sites suivants :
- CMFR/SEAPA : http://tinyurl.com/5w6opa
- Blogue du CPJ : http://tinyurl.com/695x5d
- FIJ : http://tinyurl.com/62h5zm
- International Herald Tribune : http://tinyurl.com/5rhqz9
(13 août 2008)

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