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Un journaliste se retrouve sur une liste de « personnes à abattre » dressée par l'armée

Carlos H. Conde
Carlos H. Conde

www.gmanews.tv

La semaine dernière, un journaliste a accusé l'armée des Philippines d'avoir inscrit son nom sur une liste de « personnes à abattre » que celle-ci aurait dressée, selon ce que rapportent le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Carlos Condé, qui collabore régulièrement au « New York Times » et à l'« International Herald Tribune », et qui tient un blogue ( http://carlosconde.com/ ), a déclaré que son nom figurerait sur un « ordre de bataille » préparé par l'armée en 2007.

Condé a déclaré que le document officiel équivalait à une « liste de personnes à abattre », et contient plus d'une centaine de noms, la plupart de membres de groupes hostiles au gouvernement. À ce qu'il paraît, il est le seul journaliste sur la liste, et il est classé comme « cible ». Les ordres de bataille sont habituellement des plans militaires extensifs qui incluent des tactiques et des cibles.

D'après le Syndicat national des journalistes des Philippines (National Union of Journalists of the Philippines, NUJP), au moins une personne sur la liste a été assassinée : Celso Pojas, un dirigeant paysan de Davao City, a été tué en 2008. « D'autres ont été menacés et harcelés », ajoute la déclaration du NUJP.

Dans le passé, les militants politiques qui ont figuré sur de telles listes comptent parmi ceux qui ont été assassinés aux Philippines, par l'armée et par des unités paramilitaires, semble-t-il. D'après le CMFR, plus de 1 000 militants politiques et 40 journalistes ont été tués aux Philippines depuis 2001.

Aujourd'hui basé à Manille, Condé a travaillé longtemps dans le sud de Mindanao, où il a couvert le conflit, qui dure depuis des décennies, entre l'armée et les rebelles musulmans et communistes. Il a dit au CMFR croire que son inclusion sur la liste est reliée au fait d'avoir été l'ancien coordonnateur du NUJP à Davao City. Il a aussi été secrétaire général du syndicat de 2004 à 2006, période pendant laquelle il a dirigé des campagnes locales contre les homicides de journalistes.

« Pourquoi mon nom est-il inclus dans "l'ordre de bataille" est un mystère. À moins, bien sûr, que les forces armées considèrent mes activités et le travail de revendication du NUJP en faveur de la liberté de la presse, ainsi que les pressions sur le gouvernement pour qu'il mette fin aux assassinats, comme le travail des ennemis de l'État, (et) à moins que les forces armées des Philippines ne voient dans mon travail et dans mes écrits des menaces à mon pays », a-t-il indiqué dans une déclaration le 19 mai.

Le CPJ rapporte que cette année seulement, quatre radiojournalistes ont été abattus à Mindanao, un cinquième attentat ayant eu lieu dans la province septentrionale d'Abra. Les exécutions extrajudiciaires soulèvent l'inquiétude aux Nations Unies et chez les groupes de défense des droits de la personne.

Des responsables de la 10e Division d'Infanterie, selon les auteurs allégués de la liste, ont désavoué le document. Le colonel Lysander Suerte a déclaré dans une entrevue avec le CMFR que quelle qu'elle fût, la personne à l'origine du document ne voulait que faire de la désinformation et « agiter la population contre l'armée ».

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