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Des journalistes documentent le legs de répression de la présidente

La présidente des Philippines, Gloria Macapagal-Arroyo, a seriné ses réalisations le 27 juillet dans son dernier discours sur l'état de l'union, mais les universitaires et les journalistes philippins livrent un portrait de la situation radicalement différent de celui présenté par la dirigeante après deux mandats.

Quelques jours à peine avant le discours, le Collège des Communication de masse, affilié à l'Université des Philippines, a rendu publique une évaluation du traitement des médias par le gouvernement Arroyo, selon ce que rapporte l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA).

Le dossier, qui a été signé par des membres de la faculté et des groupes d'étudiants, affirme que l'hostilité d'Arroyo à l'égard de la presse fut « sans précédent » dans l'histoire du pays. Des dizaines de journalistes ont été tués et, alors que des condamnations ont été obtenues dans trois affaires, pas un seul cerveau à l'origine de ces crimes n'a eu à rendre de comptes, fait remarquer le collège. Des cinéastes critiques du gouvernement ont essuyé de dures représailles, le bureau de surveillance du cinéma du pays frappant d'un « X » la classification des films défavorables au gouvernement. De plus, les nombre des affaires de diffamation a monté en flèche, indique le dossier, un grand nombre d'entre elles ayant été entamées à l'initiative de l'époux de la présidente, Mike Arroyo.

Le rapport fait l'éloge de nombreuses initiatives revendicatrices, notamment la création du Fonds Liberté pour les journalistes philippins (Freedom Fund for Filipino Journalists, FFFJ), créé en 2003 pour exiger la reddition de comptes à propos des décès des journalistes et pour financer les enquêtes sur les homicides.

Le Syndicat national des journalistes des Philippines (National Union of Journalists of the Philippines, NUJP) a aussi rendu publique une déclaration dans laquelle il dresse la chronologie des violations de la liberté de la presse par Arroyo au cours de ses neuf années au pouvoir. Faisant remarquer que le nombre des journalistes assassinés sous le régime Arroyo est presque deux fois plus élevé que sous la dictature de Ferdinand Marcos, le NUJP dénonce vivement les « actes d'omission et de commission (du régime) qui favorisent la culture d'impunité dans laquelle agissent les ennemis de la liberté de la presse ».

Lors d'une conférence de presse le 25 juillet, le NUJP a prévenu qu'une troublante loi sur le « droit de réplique » pourrait être déposée sous peu au parlement. Cette loi donnerait à toute personne qui se sentirait lésée par un reportage la possibilité de répondre dans la même publication.

Le jour même où la présidente Arroyo prononçait son discours sur l'état de l'union, le journaliste Godofredo Linao Jr était abattu à l'aube tandis qu'il s'apprêtait à enfourcher sa moto dans la ville de Barobo, située dans la province de Surigao del Sur. Le meurtre a été rapporté par la SEAPA, le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Philippines Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Linao coanimait l'émission « Straight to the Point » (Droit au but) sur Radyo Natin, et agissait en outre à titre de porte-parole pour un politicien provincial. La mobile du meurtre reste inconnu, mais sa veuve croit que l'assassinat est relié soit à son orientation politique, soit à son travail de journaliste. Linao est le sixième journaliste assassiné cette année, selon ce que rapportent le CMFR et la SEAPA.

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