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Le pire massacre de journalistes jamais perpétré a lieu à la veille des élections

Des corps sont retirés de fosses improvisées après un horrible massacre de journalistes cette semaine aux Philippines; l’attentat est le plus meurtrier jamais commis contre la presse.
Des corps sont retirés de fosses improvisées après un horrible massacre de journalistes cette semaine aux Philippines; l’attentat est le plus meurtrier jamais commis contre la presse.

Aaron Favila via AP

Au moins 21 journalistes ont été tués dans un massacre de plus de 52 personnes qui ont été enlevés par des hommes armés cette semaine aux Philippines, rapporte le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Centre for Media Freedom and Responsibility, CMFR), basé à Manille. C'est le plus important groupe de journalistes à être tué dans un même incident, à s'être jamais produit dans le monde. Un grand nombre des victimes ont été décapitées et mutilées; des femmes ont été violées.

Les journalistes faisaient partie d'un convoi de parents et de partisans qui se rendait déposer les documents de candidature au poste de gouverneur de Ismael Mangudadatu, maire local de la province de Maguindanao, dans l'île de Mindanao, selon ce que rapportent des membres de l'IFEX. Le groupe comprenait la femme de Mangudadatu, Genalyn, et d'autres parents.

Une centaine environ d'hommes armés se sont rendus maîtres du convoi le matin et ont massacré le groupe afin de l'empêcher de se rendre au bureau électoral, rapportent les membres de l'IFEX. On a retrouvé les cadavres dispersés dans la journée. Selon les dépêches, au moins treize des victimes étaient des femmes. Ce massacre, dit le CMFR, entraînera fort probablement des représailles et des exécutions extra-judiciaires, ce qui relèvera le degré de la violence à Maguindanao et à travers les Philippines.

Selon les dépêches, les attaques contre les candidats et leurs partisans sont monnaie courante pendant les périodes de campagne partout aux Philippines. Les élections locales de 2007 ont coûté la vie à 100 personnes. Mais la violence électorale est plus extrême à Maguindanao, à majorité musulmane, qui traverse une insurrection islamiste et qui a une longue histoire de guerre de clans.

D'après l'Institut international de la presse (IIP), on croit que plusieurs politiciens et seigneurs de la guerre locaux disposent de leurs propres milices armées; les combats entre factions sont fréquents à Maguindanao. Les hommes de main dans le cas présent seraient des proches et des alliés politiques du clan Ampatuan, qui contrôle actuellement la région, selon ce que rapporte l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA). Mangudadatu voulait contester le dirigeant politique local, Datu Andal Ampatuan, au poste de gouverneur de la province, rapportent les membres de l'IFEX. Le cycle des vengeances entre les Mangudadatus et les Ampatuans est lié à la culture d'impunité favorisée par les dirigeants nationaux, fait remarquer le CMFR.

Dans les rangs des individus armés se trouvaient deux policiers reliés au gouverneur de la province et un partisan de la présidente Gloria Arroyo, affirme Reporters sans frontières (RSF). Arroyo a proclamé l'état d'urgence dans les provinces de Maguindanao et de Sultan Kudarat, ainsi que dans la ville de Cotabato City, rapporte le CMFR. Cette proclamation a pour effet d'offrir une couverture juridique pour la police et l'armée, connues pour être impartiales envers différentes factions, d'empêcher les médias de couvrir les rivalités politiques, et d'exacerber la culture d'impunité qui se profile derrière la tragédie actuelle.

Le massacre a eu immédiatement un effet déstabilisateur sur les médias, rapporte ARTICLE 19. Certains journalistes ont refusé de se rendre sur place pour couvrir l'incident, de crainte d'autres violences. « Des élections libres et équitables ne peuvent se dérouler lorsque le droit à la libre expression est gravement menacé. Cela comprend le droit de chacun d'exprimer son point de vue politique, et le droit des journalistes de couvrir la vie politique sans crainte d'intimidation. »

La tuerie du 23 novembre a accru le nombre des journalistes philippins assassinés cette année dans l'exercice de leur profession, qui est passé de 3 à 24, selon les membres de l'IFEX.

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