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La campagne électorale laisse dans son sillage une série d'attaques contre la presse

Une campagne électorale sanglante aux Philippines a pris fin cette semaine, des millions d’électeurs s’étant rendus aux urnes
Une campagne électorale sanglante aux Philippines a pris fin cette semaine, des millions d’électeurs s’étant rendus aux urnes

via EPA

Le massacre de 32 journalistes philippins en novembre dernier marquait le début sanglant de la campagne électorale aux Philippines, qui a pris fin avec l'élection présidentielle de cette semaine. Lors d'une série récente d'incidents reliés à l'élection, un radiojournaliste a reçu une menace de mort, un autre journaliste a disparu et des travailleurs des médias ont été tabassés par des partisans d'officiels politiques locaux, selon ce que rapportent le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR) et l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA). La Présidente sortante, Gloria Macapagal Arroyo, a alimenté une culture d'impunité pour s'accrocher au pouvoir, tandis que 137 journalistes ont été tués pendant son mandat.

Le radiojournaliste Rolando Bruno a été porté disparu le 9 mai et l'est resté pendant quelques jours après avoir informé la police qu'un gouverneur provincial et ses partisans avaient agressé sauvagement deux caméramans qui tentaient de filmer des officiels locaux et des agents de campagne en train de distribuer des enveloppes d'argent à des villageois, selon ce qu'indique le Syndicat national des journalistes des Philippines (National Union of Journalists of the Philippines, NUJP). La police a rencontré le gouverneur mais n'a pris aucune mesure contre lui. Le 11 mai, Bruno se trouvait parmi un groupe de sept journalistes qui ont été escortés par la police vers leurs bureaux après avoir été impliqués dans des incidents violence électorale, rapporte la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Dans d'autres épisodes reliés aux élections, des journalistes ont été empêchés d'interviewer le candidat du Parti Nationaliste à la présidence, Manuel Villar, le 5 mai à Pasig City. Des reporters indépendants ont été empêchés d'assister le 7 mai à une conférence de presse du candidat à la présidence Benigno Aquino III. Aquino est en tête et les dépêches indiquent qu'il est presque assuré de devenir le prochain Président.

Dans l'État de North Cotabato, dans le sud des Philippines, le communicateur de la radio et acheteur de temps d'antenne Williamor Magbanua a reçu une menace de mort le 28 avril. Son travail consiste à acheter des « blocs » de temps d'antenne à la radio pour une émission pour laquelle il recherche ensuite de la publicité. Les acheteurs de temps d'antenne sont accusés d'être à la solde des politiciens, surtout lors des élections. Magbanua est en outre correspondant au « Philippine Daily Inquirer », basé à Manille, au magazine de nouvelles en ligne « GMANews.TV ». La police surveille actuellement son domicile.

Le NUJP a produit un guide à l'intention des journalistes, « Covering the 2010 élections: A Survival Guide » (Couvrir les élections de 2010 :Guide de survie), qui met en relief les mesures que les travailleurs des médias pourraient prendre s'ils courent des dangers pendant qu'ils assurent la couverture des premières élections du pays par scrutin mécanique. La BBC rapporte qu'au moins 12 personnes ont été tuées dans des incidents de violence politique.

Écrivant pour Index on Censorship, Harry L. Roque, qui représente 14 victimes du massacre de Maguindanao, explique comment le clientélisme politique est enraciné dans le pays. La famille Ampatuan, des auteurs de l'assassinat collectif, a livré des votes décisifs à la Présidente Arroyo aux élections de 2004 et de 2007. Le 19 avril 2010, le Secrétaire intérimaire à la Justice a abandonné 57 accusations de meurtre contre le gouverneur Zaldy Ampatuan et le maire de la ville Akmad Ampatuan. Par ailleurs, les Ampatuans n'ont pas perdu la source de leur influence, beaucoup d'entre eux ayant été candidats aux élections de cette semaine, disent les dépêches. Dans un revirement récent, toutefois, le Secrétaire à la Justice Alberto Agra a porté de nouveau le 5 mai des accusations de meurtre contre les Ampatuans, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

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