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Le meurtre d'un journaliste a été encouragé par une culture d'impunité, dit le CMFR

Christopher Guarin
Christopher Guarin

philstar.com

L'éditeur et communicateur radio Christopher Guarin rentrait chez lui à General Santos City la semaine dernière en compagnie de sa femme et de leur fille de neuf ans lorsqu'il a été abattu par deux hommes circulant à motocyclette, selon ce que rapportent le Centre pour la liberté et la responsabilité des médias (Center for Media Freedom and Responsibility, CMFR) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Ce meurtre révélateur - cinq jours à peine après le début de la nouvelle année - constitue la plus récente indication de « la persistance de la culture d'impunité qui encourage l'assassinat des journalistes et des travailleurs des médias aux Philippines », constate le Fonds Liberté pour les journalistes philippins, dont le CMFR est un membre fondateur.

Les assaillants ont ouvert le feu sur la voiture de Guarin, le touchant ainsi que sa femme, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). D'après le CPJ, Guarin s'est alors arrêté et est sorti pour s'enfuir à pied, mais il a été atteint de plusieurs projectiles par deux individus qui se sont lancés à sa poursuite. Son décès a été constaté à son arrivée à l'Hôpital Général de Santos City. Sa femme a survécu à une blessure par balle à un bras.

Guarin, qui était communicateur radio à Radyo Mo Nationwide et éditeur de « Tatak News », avait reçu avant son assassinat des menaces de mort anonymes transmises par message texte, ont indiqué aux reporters sa femme et ses collègues de travail.

Quelques heures avant sa mort, il avait lu en ondes l'un de ces messages textes, qui le mettait en garde de ne pas quitter la station de radio sous peine d'être tué, a rappelé au CMFR Freddie Solinap, administrateur à « Tatak News ».

« Je n'ai pas pu compter le nombre de coups de feu tirés par les suspects », a déclaré la femme de Guarin au journal « Inquirer ». « Mais j'ai vu mon mari allongé sur le sol, impuissant, suppliant les suspects de ne pas le tuer. Mais ils ont fait la sourde oreille. »

La mort de Guarin est typique de nombreux meurtres de journalistes aux Philippines : un « blocktimer » tué par des assaillants roulant sur une motocyclette, qui ne seront vraisemblablement jamais punis. (Un « blocktimer » achète des « blocs » de temps d'antenne à la radio pour une émission et a la responsabilité de trouver des commanditaires qui vont financer l'émission. Certains « blocktimers » ont été accusés d'être à la solde de politiciens, surtout en période électorale.)

Guarin, candidat défait à un poste de conseiller municipal aux élections de 2010, est le premier journaliste philippin assassiné cette année. D'après le Fonds Liberté pour les journalistes philippins, 124 journalistes et travailleurs des médias ont été tués depuis 1986, soit depuis la fin de la dictature de Marcos.

Les Philippines arrivent au troisième rang de l'Index mondial de l'impunité du CPJ, qui mesure le nombre de journalistes tués à cause de leur travail sans que justice leur soit rendue.

« À moins que des mesures nécessaires ne soient prises pour accélérer les procès en cours des accusés dans les meurtres de journalistes ainsi que des cerveaux qui se cachent derrière ces crimes, et pour enquêter, arrêter et traduire en justice les personnes impliquées dans le meurtre de Guarin, ainsi que de six autres journalistes tués en 2011, ces homicides vont fort probablement se poursuivre en 2012 et dans les années à venir », dit le Fonds Liberté.

Le Fonds Liberté fait pression auprès du gouvernement des Philippines afin de renforcer le Programme de Protection des témoins; de réhabiliter les unités d'enquête criminelles des agences chargées de l'application de la loi; de mettre sur pied des Équipes de réponse rapide et de passer en revue les Règles judiciaires afin d'accélérer les procès. Jusqu'à maintenant, le gouvernement n'a bougé que sur une seule de ces propositions - il a accru le budget du Programme de Protection des témoins.

Regardez le vidéo du CMFR pour en savoir plus sur le succès de l'Équipe de réponse rapide dans l'affaire du massacre de Maguindanao et sur les conséquences qu'elle a eues dans la lutte contre impunité.

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