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Les atteintes à la liberté d'expression se multiplient

(RSF/IFEX) - A l'approche du sommet qui réunira les 17 et 18 mai 2007 les représentants de l'Union européenne et de la Russie à Samara (Volga) et alors que la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a entamé à Moscou une visite de trois jours en Russie, les atteintes à la liberté d'expression se multiplient.

"Reporters sans frontières est scandalisée de voir que même pendant des rencontres internationales d'envergure, le pouvoir politique n'hésite pas à harceler les organisateurs d'une marche de protestation pourtant autorisée, les leaders de la coalition "L'Autre Russie" et les journalistes qui leur donnent la parole, au mépris de toutes les recommandations en matière de libertés civiles et de droits de l'homme. Nous appelons à la vigilance de tous les défenseurs des droits de l'homme pour les mois à venir, qui seront déterminants pour l'avenir du pays ", a déclaré l'organisation.

"Le bilan des sept dernières années ne fait que renforcer notre conviction que Vladimir Poutine est un ennemi de la liberté de la presse. Il est de notre devoir d'appeler à la solidarité avec les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes russes, qui ne doivent pas se sentir isolés. Leur lutte doit trouver des soutiens en dehors du pays, à commencer par l'Union européenne", a ajouté Reporters sans frontières.

Pour la seule ville de Samara, le bilan de la semaine passée est inquiétant. Le 10 mai 2007, trois journalistes travaillant pour le quotidien "Kommersant" et la télévision REN-TV ont été interpellés alors qu'ils interviewaient Mikhail Gagan devant son immeuble. Ce dernier est l'un des organisateurs d'une "marche du désaccord" réunissant des opposants au Kremlin et emmenée par la coalition "L'Autre Russie" dont Garry Kasparov est l'un des prinicpaux leaders. Cette manifestation, qui doit se tenir le 18 mai à Samara en marge du sommet, a été finalement autorisée par le maire de la ville après de longues tractations. Le 11 mai, la rédaction de "Novaïa Gazeta" et celle de l'agence de presse Regnum ont été perquisitionnées à deux reprises au motif que les journalistes auraient pu détenir des logiciels sans licence. Le 13 mai, deux journalistes (dont le responsable du bureau de Samara de "Novaïa Gazeta", Sergueï Kourt-Adjiëv) et deux organisateurs de la manifestation prévue le 18 mai ont été détenus pendant quatre heures par la police.

Le 14 mai, on apprenait que Garry Kasparov avait été condamné à payer une amende par un tribunal de Moscou pour "avoir marché au sein d'un grand groupe de personnes et crié des slogans antigouvernementaux" à la suite de son arrestation lors de l'une des "marches du désaccord" (celle du 14 avril dernier à Moscou).

L'ex-champion du monde d'échecs a annoncé qu'il allait saisir la Cour européenne des droits de l'homme.

A la mi-avril, un changement dans la direction du plus grand réseau indépendant de radios du pays (RSN), a eu des conséquences dramatiques pour la liberté de la presse. Alexandre Chkolnik, directeur des programmes pour l'enfance de la chaîne nationale Pervy Kanal et Vsevolod Neroznak, responsable de l'information de la même chaîne, ont remplacé Mikhail Baklanov, directeur de RSN depuis douze ans. Ils ont donné la directive à la rédaction de diffuser "au moins 50 % de bonnes nouvelles sur ses ondes". Quant aux membres et représentants de l'opposition, ils n'auront plus droit de cité sur le réseau RSN.

Des "marches du désaccord" ont été organisées en mars et en avril à Nijni-Novgorod, Moscou et Saint Petersbourg. Elles ont été réprimées par les policiers anti-émeutes, qui n'ont pas hésité à arrêter des journalistes couvrant l'événement ainsi que des centaines de participants.

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