RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les assassinats dans le sud laissent entrevoir des violations systémiques des droits

Le journaliste d'enquête Adulmalik Akhmedilov a été tué le 11 août au Daghestan
Le journaliste d'enquête Adulmalik Akhmedilov a été tué le 11 août au Daghestan

ITAR-TASS

Les cadavres criblés de balles d'une militante tchétchène et de son mari ont été découverts dans le coffre de leur voiture à Groznyï la semaine dernière, le lendemain de leur enlèvement. Par ailleurs, au Daghestan voisin, un journaliste d'enquête bien connu a été assassiné. Les groupes ARTICLE 19 et Human Rights Watch, membres de l'IFEX, ainsi que d'autres groupes affirment que la violence est un signe que, dans la Russie d'aujourd'hui, surtout en Tchétchénie, les voix indépendantes sont toujours impitoyablement réduites au silence.

Selon ARTICLE 19 et Human Rights Watch, Zarema Sadulaïeva et son mari, Alik Dzhabrailov, ont été enlevés le 10 août dans les bureaux de son groupe, « Sauvez la génération actuelle ». Ces assassinats surviennent moins d'un mois après que la militante des droits Nataliya Estemirova eut été enlevée et abattue dans cette région volatile de la Russie après qu'elle eut rapporté des allégations de violations des droits par le gouvernement du président tchétchène Ramzan Kadyrov.

ARTICLE 19 et Human Rights Watch rapportent que des témoins ont vu cinq hommes pénétrer à l'intérieur des bureaux et exiger que Sadulaïeva et son mari les accompagnent. Ils sont ensuite retournés prendre le téléphone cellulaire de Sadulaïeva et sa voiture. Les hommes se seraient identifiés comme des représentants des services de sécurité de l'État.

Lorsque les défenseurs des droits ont d'abord demandé l'aide des responsables de l'application de la loi, dit ARTICLE 19, ceux-ci ont refusé d'intervenir.

« Sauvez la génération actuelle » vient en aide aux victimes des conflits armés en Tchétchénie, en particulier aux enfants invalides, et collabore étroitement avec l'UNICEF.

Les militants des droits attribuent depuis longtemps aux forces de Kadyrov les enlèvements, les meurtres et la torture - et l'impunité qui habituellement les accompagne. Ils accusent le dirigeant, qui a la bénédiction du Kremlin, d'être à l'origine du meurtre d'Estemirova, survenu le 15 juillet, ce que nie Kadyrov.

D'après les agences de nouvelles russes et les dépêches internationales, le dirigeant tchétchène met les derniers homicides sur le compte d'éléments indéterminés qui veulent déstabiliser la république. « C'est un défi lancé à la société, une tentative pour intimider le peuple de la Tchétchénie », a-t-il dit.

« L'espoir que la fin officielle en avril 2009 de la soi-disant 'opération de contre-terrorisme' en Tchétchénie améliorerait la situation des droits de la personne s'est atténué. La détérioration de la situation sur le plan de la sécurité diminue l'aptitude des ONG à travailler dans la région », dit ARTICLE 19.

« Ces derniers homicides montrent que non seulement les défenseurs des droits de la personne et les journalistes sont visés et réduits au silence parce qu'ils expriment des vues critiques, mais aussi que cette pratique s'est étendue à toute personne qui travaille sur des questions qui pourraient être interprétées comme critiques à l'égard du gouvernement ou qui pourraient constituer de l'activisme civil », ajoute ARTICLE 19.

D'après Human Rights Watch, le meurtre de Sadulaïeva et de Dzhabrailov porte à quatre le nombre des militants travaillant en Tchétchénie qui ont été tués cette année. En plus d'Estemirova, Stanislav Markelov, un éminent juriste spécialisé dans la défense des droits de la personne, a été assassiné en janvier.

Human Rights Watch demande une enquête fédérale indépendante, et que cette enquête se penche également sur la possibilité de collusion entre certains officiels locaux, et qu'elle offre la protection des témoins.

Par ailleurs, Abdulmalik Akhmedilov, rédacteur en chef adjoint du quotidien en langue avare « Hakikat » (La Vérité) et rédacteur en chef du mensuel politique « Sogratl », a été abattu dans sa voiture le 11 août aux abords de Makhatchkala, la capitale du Daghestan, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Selon les sources du CPJ, Akhmedilov avait critiqué sévèrement les forces fédérales et locales pour avoir réprimé la dissidence religieuse et politique sous le couvert d'une campagne contre l'« extrémisme ». La campagne gouvernementale est censée avoir été conçue pour contrer l'expansion du wahhabisme, une forme conservatrice de l'islam qui gagne en popularité au Daghestan et dans d'autres républiques du Caucase du Nord.

Selon le service en langue russe de Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), Akhmedilov était également connu pour ses reportages d'enquête sur les assassinats récents de fonctionnaires du Daghestan.

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

Africa Check tracks progress on 10 key promises made during their campaign, by governments in Nigeria, South Africa… https://t.co/mKOYsTqlgN