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Deux journalistes arrêtés arbitrairement lors d'un rassemblement pour la protection d'une forêt au nord de Moscou

Les forces de l'OMON trainant la militante jusqu'au fourgon.
Les forces de l'OMON trainant la militante jusqu'au fourgon.
(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est choquée par l'arrestation de Elena Kostioutchenko, correspondante spéciale du journal d'opposition "Novaïa Gazeta", et de Youriï Timofeev, correspondant de Radio Liberty, alors qu'ils couvraient une manifestation de protestation pour la protection de la forêt de Khimki (nord de Moscou). Reporters sans frontières condamne le mauvais traitement infligé à la journaliste lors de son arrestation et constate avec regret les difficultés constantes des journalistes en Russie à couvrir des rassemblements, car ils sont le plus souvent assimilés à leurs participants.

Le 23 juillet 2010, Elena Kostioutchenko et Youriï Timofeev ont été arrêtés par les forces de l'ordre aux abords de la forêt de Khimki, puis emmenés au commissariat. Lourdement bousculée lors de l'arrestation, Elena Kostioutchenko a reçu un coup violent. Elle a fait un malaise dans le fourgon la transportant au commissariat. Les médecins de l'hôpital, où elle a finalement été transférée après avoir été jugée et relaxée, lui ont diagnostiqué un déplacement des vertèbres cervicales. Youriï Timofeev a lui été rapidement relâché, "faute de preuves".

Elena Kostioutchenko a décidé de poursuivre les forces de l'ordre pour "détention, mauvais traitement et atteinte à la santé" tandis que "Novaïa Gazeta" a porté plainte pour "action illégale de la police". Le Syndicat des journalistes de Russie pourrait également intenter une action en justice.

Les journalistes s'étaient rendus sur les lieux le 23 juillet suite à l'attaque, à cinq heures du matin environ, d'une centaine d'hommes masqués en blanc contre les défenseurs de la forêt, qui avaient monté un campement pour protester contre l'abattage des arbres. Les assaillants ont eu le temps de déchirer les bannières et détruire les tentes. Quand la police et les unités de forces spéciales du ministère de l'Intérieur (OMON) sont arrivées sur les lieux, une heure plus tard, ce sont les manifestants écologistes et les journalistes présents sur place qui ont été bousculés et arrêtés (voir la vidéo sur le site de Radio Free Europe : http://www.rferl.org/video/9178.html ). Une trentaine de personnes ont été interpellées.

Le combat contre l'abattage d'une partie de la forêt de Khimki afin de construire une autoroute reliant Moscou à Saint-Pétersbourg dure déjà depuis plusieurs années, les militants redoutant des effets dévastateurs sur l'environnement. Le 13 novembre 2008, Mikhaïl Beketov, rédacteur en chef du journal "Khimkinskaïa Pravda", qui soutenait avec ardeur les défenseurs de la forêt de Khimki, avait été violemment roué de coups par des inconnus et retrouvé inconscient devant son domicile. Après l'amputation d'une jambe et un long coma, l'état de santé du journaliste demeure critique. Il ne fait aucun doute que Mikhaïl Beketov avait été agressé en raison de ses prises de position publiques en faveur de la protection de la forêt.

Les incidents du 23 juillet témoignent du non-respect en Russie de deux points majeurs liés à la liberté d'expression : le droit au rassemblement et à l'association, conformément à l'article 31 du code civil, et la liberté des journalistes de couvrir librement rassemblements et manifestations.

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