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Un militant de la libre expression est abattu le Jour du Souvenir des journalistes assassinés

Le journaliste Hadzhimurad Kamalov lors d'une manifestation de l'opposition à Makhachkala, au Daghestan, en août 2008
Le journaliste Hadzhimurad Kamalov lors d'une manifestation de l'opposition à Makhachkala, au Daghestan, en août 2008

REUTERS/Lekai Dmitri

Le 15 décembre - jour de commémoration des journalistes assassinés en Russie - l'éditeur d'un journal et défenseur de la libre expression a été abattu de 14 projectiles par un individu masqué, selon ce que rapportent le Centre pour le journalisme en situations extrêmes (Center for Journalism in Extreme Situations, CJES), la Fondation pour la défense de la glasnost (Glasnost Defence Foundation, GDF), l'Institut international de la presse (IIP), Human Rights Watch, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et ARTICLE 19.

En plus d'être le directeur général d'une organisation appelée Svoboda Slova, qui promeut la libre expression, Hadzhimurad Kamalov avait fondé "Tchernovik", un journal local au Daghestan connu pour ses reportages qui débusquent les scandales de corruption locale et les féroces opérations militaires dirigées contre l'insurrection islamiste. "Tchernovik" est l'une des rares publications indépendantes du Daghestan.

L'IIP fait remarquer que le meurtre de Kamalov est à ce jour le deuxième meurtre non résolu cette année dans la province du Daghestan, où sévissent corruption et pauvreté. Kamalov est le quatrième journaliste tué en 2011 en Russie, où l'impunité est à l'ordre du jour pour les élites gouvernementale et militaire bien branchées qui seraient impliquées dans les assassinats de membres du personnel des médias.

En effet, une affaire toujours non résolue est le passage à tabac du journaliste Oleg Kachine, spécialiste du monde des affaires, qui a reçu plus de 50 coups à la tête et au corps et qui a passé deux semaines dans un coma provoqué par les médecins. Le meurtre de Kamalov est survenu le jour du premier anniversaire de l'agression contre Kachine et, en dépit de preuves accablantes démontrant l'implication de politiciens proches du Premier ministre Vladimir Poutine, aucun de ses agresseurs n'a été identifié, et l'enquête a été délibérément embourbée.

Regardez "Give Kashin an Answer" (Donnez une réponse à Kachine), une vidéo du CJES sur l'importance de la prévention et de la protection dans la lutte contre l'impunité, ci-dessous :



Kamalov et de nombreux autres membres du personnel de "Tchernovik" sont systématiquement menacés par la police et les autorités, selon ce qu'indique ARTICLE 19.

Des feuillets distribués en 2009 de façon anonyme à Makhachkala demandaient l'"extermination" de Kamalov, ainsi que celle de quatre autres activistes et de quatre avocats.

Par ailleurs, l'ancienne rédactrice en chef de "Tchernovik", Nadira Isaeva, lauréate en 2010 d'un prix International de la Liberté de la presse du CPJ, ainsi que quatre journalistes du même journal, ont passé des années à combattre des accusations d'avoir insulté de hauts dignitaires de l'États avant d'être acquittés plus tôt cette année, indique Human Rights Watch.

Le jour du meurtre, des membres d'ARTICLE 19 du Mexique et de Londres rencontraient des journalistes russes, dont Ali Kamalov, président du Syndicat des journalistes du Daghestan et oncle de Hadzhimurad Kamalov, afin de discuter de stratégies de sécurité pour les journalistes. "Les journalistes de deux pays différents se sont rencontrés et ont compris qu'ils partagent de nombreux problèmes et bien des stratégies similaires pour affronter ces problèmes", a expliqué Nadejda Ajgikhina, du Syndicat des journalistes de Russie.

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