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Attaque incendiaire contre la rédaction d'un quotidien populaire en Russie

Reporters sans frontières condamne fermement l'attaque au cocktail Molotov contre le siège de Moskovski Komsomolets (MK), l'un des principaux quotidiens russes nationaux, le 22 octobre 2013. Deux inconnus ont activé des engins incendiaires dans le hall du bâtiment, déclenchant une dense fumée noire.

« S'il est heureux que cet attentat n'ait pas fait de victimes, ses conséquences auraient pu être très graves. Il est d'autant plus inquiétant qu'il n'est pas le premier visant Moskovski Komsomolets depuis le début de l'année. De telles atteintes à la liberté de l'information ne sauraient être tolérées. Nous espérons qu'une enquête complète et impartiale sera menée, afin d'identifier les responsables et les commanditaires de ces actes criminels », a déclaré Reporters sans frontières.

Le 22 octobre vers 12h20, alors qu'une conférence de presse sur les élections municipales se tenait dans les locaux, deux jeunes individus se sont introduits l'un après l'autre dans le hall du bâtiment. Ils ont actionné un premier engin incendiaire à l'intérieur, puis ils ont rapidement quitté les lieux en lançant un deuxième cocktail Molotov avant de se volatiliser.

Les gardiens ont réussi à maîtriser l'incendie, dont l'étendue n'a pas dépassé les deux mètres carrés. Une fumée noire très épaisse a cependant envahi l'édifice jusqu'au septième étage. Le personnel a vite été évacué. Hormis les dégâts matériels, personne n'a subi de graves lésions. Cinq employés ont du faire appel aux premiers secours en raison de la fumée qu'ils avaient inhalée, mais ils n'ont pas eu besoin d'être hospitalisés.

Moskovski Komsomolets avait déjà été pris pour cible le 8 juin dernier, quand un groupe de manifestants agressifs avait tenté de pénétrer dans le bâtiment et y avait lancé des fumigènes. Les délinquants masqués criaient des slogans nationalistes ukrainiens et brandissaient des pancartes proclamant : « Les Ukrainiennes ne sont pas des marchandises », « Gousev en prison ». Cet événement faisait suite à une série d'articles de presse accusant le rédacteur en chef du journal, Pavel Gousev, d'être impliqué dans des réseaux de proxénétisme exploitant des Ukrainiennes. Ce dernier s'était défendu en dénonçant une campagne de calomnie ourdie par des députes de Russie Unie, le parti au pouvoir. Dans son édition du 16 mars 2013, Moskovski Komsomolets avait en effet publié un billet au vitriol à l'encontre de ces députés, intitulé « La prostitution politique a changé de sexe ».

Malgré l'absence de revendication à l'attentat du 22 octobre, la rédaction a fait part de sa conviction qu'il était lié à cette affaire et accuse ouvertement certains députés de Russie Unie d'en être à l'origine. Le chef du service de presse de Russie Unie, Aleksandr Kourennoï, nommément mis en cause par Pavel Gousev, a menacé de porter plainte pour diffamation contre lui.

Outre ses fonctions à la direction de Moskovski Komsomolets, Pavel Gousev est une personnalité connue en Russie. Il est membre des conseils consultatifs de plusieurs institutions gouvernementales.

La Russie figure au 148e rang sur 179 dans le classement mondial 2013 de la liberté de la presse édité par Reporters sans frontières.

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