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La directrice du bimensuel privé "Umurabyo" libérée après un an de prison; un journaliste belge se voit refuser le droit d'entrer pour avoir critiqué le gouvernement

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières prend acte de la libération, le 19 janvier 2008, d'Agnès Uwimana Nkusi, directrice de publication du bimensuel privé "Umurabyo", après un an d'emprisonnement. Accusée de "divisionnisme", "sectarisme" et "diffamation", elle avait été condamnée, le 20 avril 2007, à un an de prison ferme par un tribunal de Kigali. Elle se trouvait en détention préventive depuis le 12 janvier 2007.

"Nous nous réjouissons qu'Agnès Uwimana Nkusi ait recouvré sa liberté. Mais elle est intervenue à la fin de la peine, et nous tenons à réitérer notre indignation face à une peine aussi sévère et inique. Cette condamnation, permise par un acte d'accusation à forte teneur politique et un verdict faisant fi du principe de présomption d'innocence, illustrait une volonté manifeste de faire disparaître une des rares publications indépendantes du pays", a déclaré l'organisation.

Agnès Uwimana Nkusi avait été arrêtée le 12 janvier 2007 par la police rwandaise, sur ordre du parquet du district de Nyarugenge. Les numéros 10 et 11 de "Umurabyo" avaient été au centre d'une polémique pour avoir publié un article dans lequel était écrit : "Celui qui tue un tutsi a des problèmes, mais celui qui tue un hutu est libre." Le Haut Conseil de la presse, un organe de régulation des médias contrôlé par le pouvoir, avait requis trois mois de suspension pour le journal. La décision n'avait pas encore été validée par le ministre de l'Information, comme la loi le requiert, quand Agnès Uwimana Nkusi avait été arrêtée. Comparaissant devant un tribunal de Kigali le 20 avril pour "divisionnisme", "sectarisme" et "diffamation", elle avait reconnu les faits qui lui étaient reprochés et promis de "publier un rectificatif". Elle avait demandé pardon à quiconque s'était senti lésé par ses écrits et appelé la justice à la clémence. Malgré tout, en plus d'une peine d'un an d'emprisonnement, la directrice de publication avait été condamnée à payer une amende de 400 000 francs rwandais (environ 560 euros) et des dommages et intérêts de 2 800 000 francs rwandais (soit près de 3 900 euros).

Agnès Uwimana Nkusi a déclaré, à sa sortie de prison, qu'elle comptait relancer son journal, qui n'est plus publié depuis son arrestation.

Par ailleurs, dans une tout autre affaire, Peter Verlinden, journaliste de la chaîne de télévision publique flamande VRT, s'est vu refuser un visa d'entrée sur le sol rwandais, alors même qu'il devait accompagner une délégation du ministre belge de la Coopération au développement, Charles Michel, dans la région des Grands Lacs. Ce refus serait dû à la réalisation, par le journaliste, de plusieurs émissions très critiques envers le gouvernement de Kigali. Peter Verlinden a été contraint de descendre de l'avion lors d'une escale technique à Goma, en République démocratique du Congo. Son preneur de son et son cameraman ont pu entrer au Rwanda.

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