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Des journaux sont suspendus; l'opposition est agressée et menacée

La suspension de six mois de deux journaux rwandais garantit qu'il ne pourront couvrir les élections présidentielles du mois d'août, ce qui fait taire les voix alternatives, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Aussi, les membres de l'opposition et les activistes critiques des politiques du gouvernement sont-ils de plus en plus en butte aux attaques, indique Human Rights Watch.

Le président Paul Kagamé a dit au parlement que « les journaux qui répandent des rumeurs seront fermés », rapporte RSF. Le 13 avril, le Conseil supérieur des médias du Rwanda a fermé les hebdomadaires privés en langue kinyarwanda « Umuseso » et « Umuvugizi », connus pour leur couverture critique du parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR).

Le Conseil est un organisme indépendant grandement influencé par l'État. Il accusait « Umuseso » d'insulter le chef de l'État, d'inciter la police et l'armée à l'insubordination et de susciter la peur dans le public. Les accusations n'étaient toutefois pas reliées à des articles. « Cette mesure étouffe toute voix critique et... organise ainsi une campagne électorale verrouillée et monolithique », dit RSF.

En février, l'éditeur de « Umuseso », Charles Kabonero, son rédacteur en chef, Didas Gasana, et un de ses reporters, Richard Kayigamba, ont été condamnés à des peines variant de six à douze mois de prison et à des amendes. Les trois journalistes étaient accusés de diffamation et de violation de la vie privée pour avoir rapporté qu'une ministre du gouvernement entretenait une relation extra-conjugale avec le maire de Kigali.

Toute opposition est brutalement réprimée en cette année d'élection. En février, un membre du FDU-Inkingi - un nouveau parti d'opposition - a été frappé à coups de pied et de poing par une foule après avoir été attiré dans un bureau local du gouvernement. C'était une agression soigneusement préparée, dit Human Rights Watch. Victoire Ingabire, présidente du FDU-Inkingi, a dû affronter une intense campagne de diffamation publique et a été rondement dénoncée pour avoir dit que les crimes commis contre les citoyens Hutus par le FPR et l'armée rwandaise devraient faire l'objet d'une enquête et que les personnes responsables être traduites en justice. En 2009, plusieurs réunions de partis d'opposition ont été interrompues par la police, parfois de manière violente. Récemment, un membre du Parti Vert d'opposition a été intimidé et menacé.

Par ailleurs, le journaliste Godwin Agaba a disparu le mois dernier au moment où des agents de sécurité faisaient un lien entre les journalistes et le terrorisme, selon ce que rapporte le Media Institute (MI). Agaba avait travaillé auparavant pour le journal « Umuseso » , et avait révélé dans son travail des manoeuvres de fraudeurs de fonds publics et de « dirigeants corrompus ».

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Ahmed Abdulla AlAjaimi is a 21-year old Bahraini student who was arbitrarily arrested, disappeared, and tortured in… https://t.co/rx4soGw5KZ