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PROFIL

Raif Badawi

Après avoir mis en ligne un forum de discussion pour la promotion de la liberté d’expression et du libéralisme, Raif Badawi, blogueur saoudien, a été condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet. Son forum a constamment été fermé et les fils de discussion supprimés. Parmi les écrits qui ont survécu à la purge, l’image d’un penseur courageux se dessine.

Manifestation devant l'ambassade d'Arabie Saoudite à Helsinki, en Finlande, pour exiger la libération de Raif Badawi. (Amnesty Finlande)

Dans une interview publiée en Août 2007 par le site Internet progressiste Afaaq, Raif Badawi témoignait :

Mon engagement est pour le progrès de la société civile de mon pays, pour le rejet de toute répression au nom de la religion, pour la promotion des Saoudiens progressistes et éclairés dont l'objectif principal est d'être actif au sein de la sociêté, un but que nouse atteindrons de façon pacifique et en respectant la loi.

Ecrivain et activiste progressiste, Raif Badawi crée le premier forum de discussion en ligne des libéraux saoudiens en 2006 pour encourager les débats politiques et sociaux sur le rôle de la religion au royaume. Selon sa femme, Ensaf Haidar, il considère le forum comme la première étape d'un “projet intellectuel” plus vaste et ambitieux. Il espère y rassembler les individus de même opinion en Arabie Saoudite pour promouvoir la nécessité d'une réforme progressiste. En 2008, le forum de Raif Badawi regroupait plus de 1000 comptes actifs discutant de religion, laïcité, politique et droits des femmes : les autorités avaient les yeux rivés sur lui.

En mars de cette même année, il est détenu pour apostasie (passible de la peine de mort) puis libéré après interrogatoire. Le gouvernement ferme son site Internet et, plus tard, l'interdit de quitter le territoire et gèle ses biens.

En 2009, Raif Badawi créé un nouveau forum en ligne, The Free Saudi Liberals Network (Le réseau des penseurs saoudiens libres et progressistes]. Il écrit abondamment sur des sujets sensibles malgré la détermination du gouvernement saoudien à supprimer la contestation.

Le 17 juin 2012, il est de nouveau arrêté à Jeddah pour avoir participé à l'organisation d'une conférence marquant la « journée des progressistes Saoudiens ». La conférence, prévue pour le 7 mai, avait été interdite par les autorités.

En juillet 2013, il est condamné à sept ans et trois mois de prison et 600 coups de fouet pour “création d'un site internet libéral”, “adhésion à des pensées libérales” et insulte à l'Islam”. Le site des progressistes saoudiens libres est fermé par la suite.

L'avocat et beau-frère de Raif Badawi, Waleed Abulkhair, purgeant lui-même actuellement une peine de 15 ans de prison, fait appel de la décision mais le 7 mai 2014 la Cour Pénale de Jeddah étend la peine à 10 ans, 1000 coups de fouet et une amende d'un million de Riyal Saoudiens (environ US$ 266 631). Il reçoit également une interdiction de sortie du territoire de 10 ans et l'interdiction pendant 10 ans de participer à des médias qu'ils soient audiovisuels, électroniques ou écrits.

Le 7 juin 2015, la Cour Suprême saoudienne maintient sa peine, ne laissant aucune place à un appel. « La seule réelle chance de libération serait d'obtenir le pardon royal du Roi Salman, » a déclaré Nicolas Krameyer, porte-parole d'Amnesty.

Raif Badawi a reçu les 50 premiers coups de fouet le 9 janvier 2015. Les sessions hebdomadaires suivantes ont été continuellement repoussées pour raison de santé. Sa femme a écrit une lettre au roi Salman le jour du troisième anniversaire de l'arrestation de Badawi, le suppliant d'ajourner la peine de 1000 coups de fouet et de pardonner son mari.

Le soutien international de Raif Badawi n'a pas faibli. Le haut-commissaire aux Nations-Unies pour les droits de l'homme, les leaders de l'Union Européenne ainsi que les responsables politiques américains ont pris la parole contre son incarcération. Amnesty International et PEN Canada mènent une campagne pour son dossier et des millions de manifestants, activistes et journalistes du monde entier appellent à sa libération immédiate et inconditionnelle.

Dernière mise à jour: 19 juin 2015

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