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Le président gracie un rédacteur reconnu coupable diffamation

Un rédacteur en chef sénégalais, qui purgeait une peine de trois ans et demi de prison pour avoir diffamé de hauts dignitaires du gouvernement, vient d'être gracié, rapportent la Fondation pour les médias en Afrique de l'Ouest (MFWA), le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) et Reporters sans frontières (RSF).

El Malick Seck, rédacteur en chef du quotidien de Dakar « 24 Heures Chrono », a été libéré après avoir purgé huit mois de sa peine le 24 avril après l'octroi d'une grâce présidentielle.

Seck a été arrêté en août 2008, quelques heures à peine après avoir écrit un éditorial alléguant que le président Wade et son fils Karim, un conseiller spécial, étaient impliqués dans un stratagème de blanchiment d'argent. Il s'est vu infliger une peine de trois ans de prison pour avoir offensé le chef de l'État en publiant de fausses nouvelles et en menaçant l'ordre public. « 24 Heures Chrono » a été suspendu pendant trois mois pour le même délit.

Puis, le 23 décembre, Seck a été condamné à six mois de prison de plus pour avoir diffamé le ministre de l'Intérieur Sheikh Tidiane Sy et condamné à verser 66 600 $US en réparations.

Seck et son journal sont habitués au harcèlement du gouvernement. Dans une autre affaire de diffamation, Seck et un collègue de « 24 Heures Chrono » ont été condamnés chacun à un an de prison avec sursis, censément pour avoir diffamé le ministère de la Culture.

Selon le WiPC, le Sénégal est l'un des pires délinquants d'Afrique pour ce qui est des poursuites pénales en diffamation contre les journalistes, tandis qu'une vingtaine de poursuites de ce genre sont intentées chaque année contre des journalistes. Les tribunaux rendent fréquemment des décisions disproportionnées, consistant souvent en peines doubles : détention et fortes amendes. Dans le passé récent, toutefois, les journalistes sont rarement allés en prison.

Le président Abdoulaye Wade s'est engagé en 2004 à abroger les inculpations pénales pour délits de presse, notamment la diffamation, mais, dit le WiPC, « le recours aux lois sur la diffamation pénale contre les journalistes, y compris celles qui prévoient des peines pour 'insulte au président', semble s'être accentué ces dernières années ». Le WiPC presse le président de revoir les lois du Sénégal sur la diffamation et de remplir sa promesse de dépénaliser les délits de presse.

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