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Une nouvelle loi viole la sûreté des sources des journalistes; une journaliste de B92 reçoit des menaces de mort

Les forces de sécurité nationale et policières de Serbie sont habilitées à voir le contenu des courriels personnels des citoyens sans autre permission, à la suite de l'adoption le 29 juin d'une nouvelle loi par le parlement, selon ce que rapporte l'Institut international de la presse (IIP). Le système judiciaire rend aussi les journalistes vulnérables aux attaques en raison d'une décision rendue récemment par un tribunal qui a rejeté les chefs d'accusation portés contre six personnes qui auraient menacé de meurtre une journaliste de B92, indique l'Association des médias électroniques indépendants (ANEM), basée à Belgrade.

Le parlement serbe a accepté la nouvelle Loi sur les communications électroniques afin d'établir une base de données sur les communications électroniques personnelles des citoyens. Le Président de la Serbie, Boris Tadic, a ratifié la loi en dépit des mises en garde lancées par les voix critiques, selon lesquelles la loi est inconstitutionnelle, qu'elle menace la liberté d'expression et sape la confidentialité des sources des journalistes.

Selon l'Organisation des médias du Sud Est de l'Europe (South East Europe Media Organisation, SEEMO), groupe affilié à l'IIP, « les journalistes en Serbie sont particulièrement vulnérables aux efforts de l'État pour accéder à leurs données personnelles, surtout en rapport avec les tentatives pour identifier leurs sources. »

La loi menace le journalisme d'enquête et survient après que les tribunaux eurent acquitté en avril six personnes qui menaçaient de tuer la journaliste serbe Brankica Stankovic. La journaliste de B92 et une équipe de reporters d'enquête ont reçu plusieurs menaces de mort tandis qu'ils enquêtaient sur les activités des dirigeants de clubs de fanatiques extrémistes du football. Les individus avaient scandé que Stankovic finirait comme Slavko Curuvija, un journaliste serbe abattu devant chez lui, et dont les assassins n'ont jamais été trouvés. Ils ont aussi piétiné et frappé une poupée à l'image de la journaliste.

« Les menaces verbales sont dangereuses, surtout lorsqu'elles viennent de groupes organisés comme les extrémistes fanatiques de football, et ne doivent pas être sous-estimées. Il est troublant de constater que, d'une part, Stankovic reçoit une protection policière parce que sa vie pourrait être en danger et que, d'autre part, le Tribunal serbe de première instance décide autrement et voit dans les menaces proférées des insultes privées et non des menaces de mort », déclarent la SEEMO et l'IIP.

La banalisation de pareilles menaces devant les tribunaux nationaux indique aux médias que certains sujets ne sont pas ouverts à la discussion publique, rapporte l'ANEM, ce qui met en danger la libre expression et nie le droit du public de savoir.

Lire le plus récent rapport mensuel de surveillance de l'ANEM sur la situation des médias dans le pays :

Douzième rapport de surveillance

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