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Un journaliste kosovar est accusé d'apostasie et menacé de décapitation

Visar Duriqi/Twitter

Visar Duriqi, journaliste d'investigation kosovar spécialisé dans l'islamisme radical, a été accusé d'apostasie par une organisation extrémiste. Le journaliste est victime de nombreuses menaces de mort et de “décapitation”. Reporters sans frontières s'inquiète pour la sécurité physique du journaliste et demande au ministère de l'Intérieur du Kosovo de lui assurer une protection.

La multiplication des menaces de mort, plus d'une dizaine reçue par Visar Duriqi à ce jour, doit alerter les autorités kosovares sur l'urgence de la situation. Dans son travail de journaliste, Visar Duriqi a dénoncé à plusieurs reprises des réseaux extrémistes implantés au Kosovo, une problématique sensible qui ajoute à la crainte de Reporters sans frontières pour son intégrité physique. L'organisation demande en conséquence aux autorités de placer le journaliste sous protection, par mesure de précaution et en attendant que les auteurs des menaces de mort soient condamnés.

“La situation de Visar Duriqi est extrêmement préoccupante. Ces menaces sont à prendre très au sérieux. Le communiqué du FRM vise clairement à faire taire le journaliste. En réaction, le gouvernement du Kosovo doit apporter une protection policière au journaliste. Reporters sans frontières a écrit à M. Bajram Rexhepi, le ministre de l'Intérieur, pour lui en faire la demande. En parallèle, une enquête doit être menée pour retrouver les auteurs des menaces, et la justice kosovare devra être intransigeante avec les responsables de ces agissements intolérables”, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Dans les milieux radicaux, le travail de Visar Duriqi dérange. Spécialiste de la question musulmane et de l'extrémisme religieux, le journaliste s'est illustré à plusieurs reprises en dénoncant les filières d'endoctrinement de jeunes musulmans radicaux partis en Syrie rejoindre les rangs djihadistes ou en révélant les intentions terroristes de certains membres de la communauté musulmane extrémiste. Des révélations qui ont été “confirmées” par des opérations de police de grande ampleur visant à démanteler des réseaux djihadistes opérant sur le sol kosovar. Le travail du journaliste rend compte de l'évolution et du fonctionnement des milieux islamistes radicaux.

Mais tous ne l'acceptent pas. En accusant Visar Duriqi d'apostasie dans un article posté sur son site le 15 août 2014, le Forum de la jeunesse musulmane (FRM) a cherché à atteindre indirectement le journaliste, en usant de son autorité morale. Le mode opératoire n'est pas nouveau. L'apostasie est un crime que la charia punit par la peine de mort dans certains pays. Au Kosovo, une partie de la communauté musulmane radicale, adepte d'une interprétation extrémiste du Coran, réprouve l'apostasie au point de demander la mort des apostats. Le communiqué du FRM a provoqué auprès de cette communauté une vague de haine contre le journaliste Visar Duriqi.

“J'ai reçu de nombreuses menaces - principalement via Facebook - après la parution de cet article. Cet article du FRM est une condamnation à mort, on me menace de décapitation, déclare Visar Duriqi, interrogé par Reporters sans frontières. J'espère que la police mènera son enquête rapidement. A l'heure actuelle, je ne me sens pas en sécurité”, conclut le journaliste.

Le Kosovo occupe la 80ème place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2014 publié par Reporters sans frontières.

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