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LES GOUVERNEMENTS SE RETOURNENT CONTRE LES MÉDIAS; UN NIGÉRIAN EST ASSASSINÉ

NIGÉRIA : On soupçonne l'implication de la police dans un homicide
SÉNÉGAL : Un véhicule du gouvernement est aperçu dans des attaques contre une salle de nouvelles
Ègalement : GAMBIE, GHANA, SIERRA LEONE, NIGER
Paul Abayomi Ogundeji, membre du comité de rédaction du quotidien « ThisDay », basé à Lagos, a été abattu le 17 août 2008 dans une banlieue de Lagos tandis qu'il rentrait chez lui en voiture. Selon la police nigériane, des inconnus armés qui avaient d'abord volé une autre automobile l'ont pris en embuscade et l'ont abattu. Le groupe Media Rights Agenda (MRA) rapporte toutefois que sa famille et d'autres collègues soupçonnent que la police soit mêlée à l'incident.

Les quotidiens « The Punch » et « Nigerian Compass » rapportent qu'un témoin a vu des individus portant l'uniforme de la police installée à un barrage routier intercepter Ogundeji et lui ordonner de descendre. Celui-ci ayant refusé, un policier l'a abattu à bout portant. La famille de la victime adhère à cette version, indique le MRA.

Dans une pétition qu'il a présentée pour exiger la tenue d'une enquête, « ThisDay » déclare que le journal est d'avis que la police en sait plus sur cette affaire que ce qu'elle affirme publiquement. Le 21 août, 21 groupes de défense des droits civils, dont le MRA, ont fait part de leur émotion et de leur préoccupation. En décembre 2006, le président du comité de rédaction de « ThisDay », Godwin Agbroko, a lui-même été abattu à sa sortie du bureau. On n'a jamais trouvé ses assassins, fait remarquer le MRA.

Le 20 août, Bashir Sanda Gusau, directeur général du journal « Legacy », propriété de l'État, publié dans le nord-ouest du Nigéria, a été congédié à cause d'un article désobligeant sur le président Umaru Musa Yar'Adua. Dans une déclaration, le commissaire à l'information de l'État de Zamfara a affirmé que Gusau avait été congédié en raison de l'« insincérité » de l'article.

Consulter les sites suivants :
- Décès du reporter nigérian : http://tinyurl.com/6f5bct
- Congédiement : http://www.ifex.org/en/content/view/full/96331
- « ThisDay » : http://www.thisdayonline.com/nview.php?id=120353
- Reporter nigérian brutalisé : http://tinyurl.com/58fw5d
SÉNÉGAL : Un véhicule du gouvernement est aperçu dans des attaques contre une salle de nouvelles

Un véhicule du gouvernement aurait été impliqué dans le saccage des bureaux de deux journaux indépendants du Sénégal le 17 août, trois jours après qu'un haut dignitaire eut menacé de représailles les deux publications pour des reportages critiques.

Une dizaine d'inconnus ont fait irruption dans les locaux du quotidien « 24 Heures Chrono » et ont agressé le seul employé sur place, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les assaillants ont détruit dix ordinateurs avant de prendre la fuite à bord d'un véhicule portant une plaque d'immatriculation officielle de l'administration, indique le journal.

Peu après, et à moins d'un kilomètre de distance, des hommes se déplaçant dans un véhicule similaire sont descendus au journal « L'As » et s'en sont pris aux employés en les aspergeant de poivre de Cayenne et en détruisant deux ordinateurs, a déclaré le CPJ. Dans un troisième journal, « Le Courrier », le directeur et rédacteur en chef Pape Amadou Gaye a reçu cinq appels téléphoniques anonymes le prévenant de l'imminence d'une attaque. Après avoir vu une auto correspondant à la même description, Gaye a appelé la police et la voiture est partie.

Le CPJ se dit atterré « qu'un groupe de fiers-à-bras à bord d'un véhicule du gouvernement puisse saccager systématiquement les bureaux de journaux critiques. La réputation du Sénégal comme phare de la liberté de la presse en Afrique de l'Ouest se trouve entachée depuis quelques années. »

Plus de 2 000 personnes, dont un grand nombre étaient vêtues de noir, ont exigé le 23 août la fin de la « campagne de diabolisation et d'intimidation » menée contre les médias, selon ce que rapporte l'Agence France-Presse (AFP). La protestation, qui s'est tenue dans la capitale du Sénégal, Dakar, était organisée par le Comité pour la protection et la défense des journalistes, nouvellement constitué par plusieurs médias.

Le 14 août, le ministre du Transport aérien, Farba Senghor, qui est également haut dignitaire du Parti Démocratique du Sénégal, au pouvoir, avait menacé les trois journaux visés, plus l'hebdomadaire « Pic », en raison de reportages acerbes. « 24 Heures Chrono » a publié récemment un rapport dûment vérifié qui critiquait le salaire que tire Senghor de son poste de président d'une compagnie privée d'autocars.

Les médias indépendants avaient lancé un black-out de la couverture du parti au pouvoir afin de protester contre le brutal passage à tabac policier, survenu en juin, de deux journalistes sportifs. Tandis qu'il se trouvait en visite aux États-Unis en juillet, le président du Sénégal Abdoulaye Wade avait déclaré que les deux journalistes avaient provoqué l'incident, et que la plupart des journalistes étaient corrompus, rappelle Reporters sans frontières (RSF). L'an dernier, rapporte Reuters, le principal parti d'opposition a boycotté les élections pour protester contre ce qu'il disait être la « monarchie » de Wade.

Début août, la police a effectué une descente dans une imprimerie pour empêcher la distribution du journal « L'As » et interroger son éditeur, rapporte la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Selon les dépêches, la police a, en outre, bloqué un numéro à la fin juillet et interrogé deux journalistes parce qu'ils avaient publié des critiques formulées par des syndicats, du ministre de la Justice.

Consulter les sites suivants :
- IFEX Sénégal : http://www.ifex.org/fr/content/view/full/524/
- Protestation à Dakar (AFP) : http://tinyurl.com/6k7ujs
GAMBIE, GHANA, SIERRA LEONE, NIGER

En Gambie, une journaliste gambienne basée aux États-Unis, Fatou Jaw Manneh, entend interjeter appel d'une sentence de quatre ans de prison ou d'une amende de 12 000 $ US imposée le 18 août. La MFWA rapporte qu'elle a été reconnue coupable d'avoir eu l'intention de se livrer à de la sédition, de publier des « propos séditieux » et de publier de « fausses nouvelles dans le but de susciter dans le public la peur et l'inquiétude ». Des sources locales indiquent que Manneh a payé l'amende, dit RSF.

Manneh a subi un procès pour un article publié en octobre 2005 sur le site web AllGambian.net, dans lequel elle accusait le président Yahya Jammeh de « tailler en lambeaux notre pays bien-aimé » et où elle le décrivait comme « un paquet de terreur ». Aller à : http://tinyurl.com/6j5z5y

Au Ghana, la police a fait irruption le 5 août dans les locaux de « Radio Gold », une station de radio FM favorable à l'opposition, basée à Accra. Fred Ayensu Lindsay, le contrôleur des finances de la station, et Mohammed Caliph, concepteur au journal « Daily Guide » ont été agressés. Lindsey a été détenu brièvement au commissariat de police à Accra. Aller à : http://tinyurl.com/5jm28m

En Sierra Leone, le personnel chargé de la sécurité a violemment agressé le 13 août huit journalistes qui couvraient une rencontre entre le parti au pouvoir, le All Peoples Congress Party (APC), et le principal parti d'opposition, le Sierra Leone Peoples Party (SLPP), qui se déroulait au parlement de Freetown, la capitale de la Sierra Leone. Le même jour, « Unity Radio », une station de radio de Freetown appartenant au SLPP, était mise à sac par des partisans de l'APC, perturbant les émissions. Aller à : http://tinyurl.com/5dcf8p et http://www.ifex.org/en/content/view/full/96184/

Au Niger, le communicateur de la radio et de la télévision Dounia, basé à Niamey, a reçu l'ordre le 19 août de suspendre ses opérations pendant un mois. Selon le décret émis par l'organe de réglementation des médias du Niger, Dounia se trouvait en situation de « non-conformité aux modalités réglementaires », indique le CPJ, qui cite « un patron de censure gouvernementale des médias, qu'ils soient locaux ou étrangers, en raison de leur couverture critique ». Aller à : http://www.ifex.org/en/content/view/full/96411/

Le même jour, RSF indique que la Cour d'appel du Niger a refusé de relâcher le journaliste chevronné Moussa Kaka, en dépit du rejet par un juge en juin des accusations d'activités hostiles à l'État qui avaient été portées contre lui. L'employeur de Kaka, le radiodiffuseur international français Radio France Internationale (RFI), a été suspendu pour trois mois à cause de sa couverture de cette affaire. Aller à : http://www.ifex.org/en/content/view/full/96267/

(Photo de Senegal demonstration, courtoisie du AFP)

(27 août 2008)

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