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Un journaliste britannique "libéré" mais accusé d'outrage à la justice

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est scandalisée par les accusations portées à l'encontre du journaliste britannique Alan Shadrake, auteur du livre "Once a Jolly Hangman-Singapore Justice in the Dock", qui comparaîtra libre à son procès prévu le 30 juillet 2010. La plainte déposée par le bureau du procureur général, dont Reporters sans frontières a pu consulter une copie, est une suite d'accusations biaisées et malveillantes. L'organisation considère que ces poursuites sont abusives.

L'acte d'accusation rapporte que certains passages du livre ont "scandalisé le système judiciaire singapourien". Selon le procureur, les écrits du journaliste vont "contre l'indépendance et l'intégrité de la justice" du pays. Pour preuves, les autorités citent une vingtaine d'extraits de l'ouvrage qui contiennent des informations déjà connues du grand public.

"À sa sortie de détention, Alan Shadrake était très affaibli et stressé. Lors de notre entretien, il s'est effondré en larmes en raison de la pression subie pendant les interrogatoires. Et de nouveau, aujourd'hui, la police l'a entendu pendant plusieurs heures ( . . . ) Mon client maintient que tout ce qui est écrit dans son livre est vrai", a affirmé l'avocat M. Ravi à Reporters sans frontières.

Le procès doit commencer le 30 juillet prochain devant la Haute Cour de Singapour. Le journaliste risque un maximum de deux ans de prison ainsi qu'une lourde amende. En réponse à une intervention de Reporters sans frontières, un diplomate singapourien en poste à Londres a confirmé que le journaliste devait rester dans le pays pour "assister l'enquête de police".

Reporters sans frontières appelle également les autorités britanniques à tout mettre en œuvre pour que les charges portées à l'encontre d'Alan Shadrake soient annulées.

Le journaliste indépendant Alan Shadrake a été libéré le 19 juillet à 23h30 des locaux de la police criminelle (CID) de Singapour, après le paiement d'une caution de 10 000 dollars singapouriens. Il a passé 39 heures en détention provisoire, contraint de dormir sur le sol de sa cellule. Il a été interrogé pendant plusieurs heures d'affilées sur le contenu de son livre sur la peine de mort à Singapour.

Alan Shadrake a vu son passeport et son téléphone portable confisqués par la police.

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