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Des édits mortels sont émis contre la presse; un journaliste est honoré

Les médias indépendants subissent toujours des menaces dans le sud de la Somalie, à la suite de l'éclatement de luttes internes la semaine dernière entre groupes islamistes rivaux qui se battent pour prendre le contrôle de la ville de Kismayo et de son port lucratif, rapporte le Syndicat national des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists, NUSOJ).

Le 5 octobre, le Sheik Hassan Yacqub, du groupe extrémiste Al-Shabaab, a convoqué les journalistes à Kismayo et leur a fait lecture d'un certain nombre d'édits auxquels ils doivent se conformer. Les journalistes ont reçu l'ordre soit de joindre les rangs d'Al-Shabaab et de prendre part à la Jihad (Guerre Sainte) en cours en Somalie, soit de se joindre à la faction opposée et de quitter la ville, rapporte le NUSOJ.

Selon le NUSOJ, « cela constitue une grave violation de la liberté d'expression. Ces agissements barbares contre les journalistes doivent cesser. »

Le NUSOJ et l'Association des Journalistes d'Afrique de l'Est (Eastern Africa Journalists Association, EAJA) soulignent que les journalistes ont aussi été convoqués en septembre dans la région de Gedo, dans le sud-ouest de la Somalie, et qu'ils ont reçu l'ordre de se conformer aux mêmes décrets, qui incluent l'ordre que tout journaliste qui critique l'administration islamique sera mis à mort, que les médias ne sont pas autorisés à interviewer qui que ce soit du Gouvernement fédéral de transition; et que la musique doit être remplacée par des chants islamiques.

Les journalistes qui travaillent pour des médias à Mogadiscio, à Bossasso, à Galkayo et à Baidoa ont été menacés d'arrestation et d'expulsion, indique le NUSOJ. Un grand nombre de journalistes ont cessé de rapporter quoi que ce soit ou ont fui le pays.

Un journaliste, toutefois, membre du NUSOJ, reçoit la reconnaissance internationale pour s'être dressé contre la terreur. Mustafa Haji Abdinur est le lauréat du prix 2009 de la Liberté de la presse décerné par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). À titre de correspondant de l'Agence France-Presse à Mogadiscio et de rédacteur en chef de la station de radio indépendante Radio Simba, Abdinur est autant la cible des insurgés islamistes que des autorités gouvernementales, dit le CPJ. Il a lancé Radio Simba en 2007 et il joint maintenant plus de deux millions d'auditeurs.

En dépit des menaces de mort qu'il reçoit et de la mort de ses collègues de Radio Shabelle et de HornAfrik, Abdinur est déterminé à rester à Mogadiscio et à rapporter la nouvelle sur la crise en Somalie, bien qu'il ait dû déplacer sa famille à l'extérieur de la capitale pour des raisons de sécurité, indique le CPJ.

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