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Les insurgés interdisent les émissions de nouvelles étrangères et la musique

Les militants intensifient la censure en Somalie. Al-Shabaab a interdit les émissions de la BBC et de la Voix de l'Amérique, qui sont retransmises par les stations FM locales dans les régions sous son contrôle, selon ce que rapportent le Syndicat national des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists, NUSOJ), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). La milice voit dans cette programmation de la « propagande chrétienne » qui viole l'islam. Un autre groupe d'insurgés a imposé un édit aux stations de radio dans la capitale, Mogadiscio, qui leur interdit de diffuser de la musique ou des chansons.

Une déclaration de la milice Al-Shabaab accuse la BBC de radiodiffuser des émissions « contre les musulmans et l'islam ». Al-Shabaab a effectué une descente dans les bureaux de la BBC à Baidoa, Mogadiscio et Jowhar, indiquent les journalistes locaux. Les stations de radio ont reçu l'ordre de mettre fin à la programmation le 9 avril, sinon leur équipement serait saisi. Al-Shabaab a confisqué les émetteurs FM et les antennes satellites de la société dans cinq régions.

L'intimidation et les menaces de mort adressées aux journalistes assurent l'autocensure, et l'interdiction minera gravement l'accès du public à l'information, rapporte le NUSOJ. Al-Shabaab terrorise les médias en assassinant et en enlevant les journalistes. « Quiconque dit un mot de vérité doit être mis à mort; telle est la menace d'Al Shabaab », a déclaré un journaliste local.

Au cours des deux derniers mois, beaucoup de radiojournalistes ont été détenus ou enlevés pendant quelques jours par Al-Shabaab puis relâchés, notamment Abdikarim Mohamed Bulhan, de Radio Shabelle, le radiojournaliste Abdul Karim Mohamed Hersi, trois journalistes de Radio Markabley, et Ali Yusuf Adan, correspondant de Radio Somaliweyn, selon ce que rapportent le NUSOJ et l'Institut international de la presse (IIP).

De plus, un reporter local de la Société de radiodiffusion de Somalie (SBC) et de Somaliweyn Radio, Mohamed Salad Abdulle, a été détenu le 16 mars puis relâché le 22 mars après avoir reçu l'ordre de quitter la région. Abdulle avait fait des reportages sur les négociations entre les insurgés d'Al-Shabaab et de Hisbul Islam.

Le 3 avril, Hisbul Islam a tenu une conférence de presse à Mogadiscio dans laquelle il a interdit la diffusion de musique et de chansons, et a ordonné aux stations de radio de ne pas qualifier d'« étrangers » les combattants étrangers, mais plutôt de parler d'eux comme des « Muhaajiriin », dit le NUSOJ. C'est la première fois que les médias de Mogadiscio font face à ce degré de censure. Les stations de radio se sont fait dire qu'elles couraient le risque de graves représailles si elles ne se conformaient pas avant l'échéance du 13 avril. Des officiels de Hizbul Islam ont téléphoné à certaines stations pour leur rappeler la date limite et les avertir de conséquences mortelles si elles ne tenaient pas compte de l'édit.

Le « New York Times » rapporte que deux stations de radio ne se sont pas pliées à l'édit. « La station Radio Mogadishu, qui appartient au gouvernement, et une autre station, Radio Bar-Kulan, dont les émissions sont essentiellement produites au Kenya, ont continué à diffuser de la musique. » Mais un grand nombre des 14 autres stations dans la capitale font entendre des bruits de coups de feu, des coqs qui chantent, le bruit de l'eau qui coule, le rugissement d'un moteur et le bruit de chevaux qui courent pour remplacer la musique comme indicatifs sonores des émissions, précise le « New York Times ».

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