RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Un deuxième journaliste est assassiné en 2010; censure et incarcération au Puntland

Les autorités du Puntland, région semi-autonome de Somalie, viennent d'interdire aux journalistes d'interviewer les rebelles qui combattent ce gouvernement régional. Un journaliste qui retransmettait une entrevue avec un chef rebelle islamiste a été puni en se voyant décerner une peine de six ans de prison, selon ce que rapportent le Syndicat national des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists, NUSOJ), Reporters sans frontières (RSF) et l'Institut international de la presse (IIP). Dans la capitale, Mogadiscio, les affrontements se poursuivent entre le Gouvernement fédéral de transition et le groupe islamiste Al-Shabaab, et ont coûté la vie d'un autre journaliste, rapportent le NUSOJ et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Les combats entre les insurgés et les troupes de l'Union africaine se sont intensifiés à Mogadiscio ces derniers jours. Un radiojournaliste bien connu, Barkhad Awale Adan, 60 ans, travaillait à la station de radio « Hurma » de Mogadiscio lorsqu'il a été tué le 24 août dans un échange de tirs entre Al-Shabaab et les forces gouvernementales.

Adan, qui était journaliste depuis 30 ans, était depuis quatre ans directeur de cette station de radio communautaire, située dans une zone contrôlée par le gouvernement. Il est le second journaliste tué en service en Somalie cette année.

Ce même jour, au moins 33 personnes ont été tuées lorsque deux kamikazes se sont fait sauter dans un hôtel situé près du palais présidentiel.

Le 23 août, Al-Shabaab s'est emparé de « Radio Saint Coran » (IQK), une station de radio privée du nord de Mogadiscio, selon ce que rapporte le NUSOJ, qui craint que la station ne serve désormais à répandre des messages de haine. « Al-Shabaab prive de manière permanente le peuple somalien d'informations indépendantes et impartiales en s'emparant par la force des médias privés. »

Au Puntland, le ministre de l'Information a tenu une conférence de presse le 15 août et ordonné aux médias de ne pas interviewer les rebelles des villages des montagnes le long de la côte nord-est. Les rebelles combattent les forces du Puntland dans le district de Galgala.

Le ministre a affirmé que les rebelles entretiennent des liens avec le terrorisme international et a menacé de « graves pénalités » tout journaliste ou entreprise de médias qui négligerait de se conformer à cet ordre.

Avant l'annonce de ce nouveau décret, Abdifatah Jama Mire, directeur de la station de radio « Horseed Media FM », a été arrêté le 13 août après avoir interviewé le dirigeant militant Sheikh Mohamed Said Atom. Sept autres journalistes ont été arrêtés puis relâchés.

Mire a été accusé de « radiodiffuser les vues de gens qui combattent le gouvernement » et reconnu coupable le 14 août d'avoir contrevenu à la loi antiterroriste du Puntland. Les médias ont été exclus du procès, qui n'a duré que quelques minutes, au cours duquel Mire s'est vu interdire l'assistance d'un avocat.

« Il ne fait pas de doute qu'il s'agit d'un jugement politique répréhensible qui vise à transmettre un message très fort, qui démontre à quel point les autorités du Puntland sont animées par un préjugé hostile à l'égard du journalisme indépendant et de la diversité des opinions », rappelle le NUSOJ.

La répression des médias s'exerce également d'autres manières. Le 10 août, le journaliste Nuh Muse Birjeb a été suspendu de son travail par le ministère de l'Information du Puntland. Birjeb travaille au Service somalien de la Voix de l'Amérique (VOA) et est également correspondant pour Universal TV dans la région du Puntland. Un autre correspondant du Service somalien de VOA, Mohamed Yasin Isak, a lui aussi subi des menaces du Puntland; il a fui au Kenya après avoir échappé à plusieurs attaques.

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

#Venezuela: Detienen a vecinos que exigían tener Internet en Aragua https://t.co/wvNxvzCBvl @espaciopublico @ipysvenezuela