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Les membres de l'IFEX demandent l'intervention des Nations Unies après le meurtre d'un autre journaliste

Le radiojournaliste Ali Ahmed Abdi (à droite) est le troisième journaliste à être tué cette année en Somalie
Le radiojournaliste Ali Ahmed Abdi (à droite) est le troisième journaliste à être tué cette année en Somalie

NUSOJ

Jusqu'ici cette année, un journaliste a été à chaque mois en Somalie. Et avec l'un des pires dossiers du monde en matière d'impunité, il est probable que les assassins vont s'en tirer sans problème, disent le Syndicat national des journalistes somaliens (National Union of Somali Journalists, NUSOJ) et d'autres groupes membres de l'IFEX, qui demandent une intervention urgente des Nations Unies.

La dernière victime est le radiojournaliste Ali Ahmed Abdi, 26 ans, abattu à Galkayo, dans la région semi-autonome du Puntland, le 4 mars.

Abdi travaillait depuis trois ans comme chef de la programmation à Radio Galkayo, mais avait démissionné récemment afin de poursuivre des études supérieures, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Il écrivait également pour le site web de nouvelles « Puntlandi », favorable au gouvernement.

Il avait fait campagne pour obtenir justice en faveur des journalistes après qu'une collègue à Radio Galkayo, Horriyo Abdulkadir, eut été blessée mortellement dans la même ville en septembre dernier, rapporte le NUSOJ.

Des journalistes locaux ont aussi indiqué au CPJ qu'ils soupçonnaient que Abdi avait été visé par des membres de l'insurrection al-Shabaab à cause de son affiliation avec Radio Galkayo et Puntlandi. « Il m'avait contacté une semaine auparavant et m'avait confié qu'il craignait pour sa vie », a dit un collègue au CPJ.

Toutes les parties au conflit en Somalie ciblent les journalistes et mettent des restrictions au droit à la libre expression. Au moins 30 journalistes ont été tués depuis 2007, selon le NUSOJ, ce qui fait de la Somalie le pays le plus dangereux d'Afrique où travailler comme journaliste.

Le 28 février 2012, deux hommes ont fait feu à plusieurs reprises sur Abukar Hassan Mohamoud, l'ancien administrateur de Radio Somaliweyn, à Mogadiscio, le tuant instantanément. Et le gérant de Shabelle Media Network, Hassan Osman Abdi, a été abattu le 28 janvier par cinq inconnus à l'extérieur de son domicile de Mogadiscio.

Bien que des officiels du Gouvernement fédéral de transition (GFT) aient promis de faire enquête sur ces homicides, personne n'a été tenu responsable de ces crimes, disent le NUSOJ et d'autres groupes membres de l'IFEX.

« Si le GFT et ses partenaires internationaux sont sérieux à propos de la protection de la liberté de parole et des libertés des médias, ils doivent s'attaquer à la culture d'impunité de la Somalie », dit Human Rights Watch.

Les membres de l'IFEX tentent depuis des années de faire en sorte que la communauté internationale adopte des mesures pour assurer la protection des journalistes et combattre l'impunité. À la 19e séance du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève la semaine dernière, le NUSOJ s'est joint à la Fédération internationale des journalistes (FIJ), à Reporters sans frontières (RSF) et à la Confédération internationale des syndicats (International Trade Union Confederation, ITUC) pour inviter l'ONU à mettre sur pied une commission d'enquête afin de documenter les graves crimes internationaux commis en Somalie et de recommander des mesures pour approuver la reddition de comptes.

Ces meurtres ont semé le doute sur les affirmations faites récemment par des participants de haut niveau à une conférence qui s'est tenue à Londres le mois dernier. Le Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, la Secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton et le Président de la Somalie, Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, ont fortement insisté sur la nécessité pour les journalistes de pouvoir travailler librement en Somalie, et de reconstruire le système judiciaire national. Mais les participants n'ont pas réussi à proposer de mesures précises pour promouvoir la reddition de comptes dans les cas de violations des droits de la personne, selon ce que rapporte Human Rights Watch.

La Somalie est déchirée par la guerre civile depuis la chute de Mohamed Siad Barre, l'ancien dictateur, en 1991. Al-Shabaab, un groupe militant lié à al-Qaïda, contrôle la majeure partie du sud et du centre de la Somalie et combat l'administration du Président dans la capitale, Mogadiscio, afin d'y instaurer un État islamique.

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