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Deux chaînes de télévision suspendues et plusieurs journalistes arrêtés au Somaliland

Un présentateur lire les nouvelles pour Somaliland TV, dans la ville de Hargeisa, Somaliland, le 1 décembre 2003
Un présentateur lire les nouvelles pour Somaliland TV, dans la ville de Hargeisa, Somaliland, le 1 décembre 2003

In Pictures Ltd./Corbis via Getty Images

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 29 mai 2018.

Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités de mettre fin à la répression qui vise des médias privés au Somaliland alors que deux chaînes qui ont couvert le conflit armé avec le Puntland ont été suspendues et plusieurs journalistes arrêtés.

Accusées d'être "impliquées dans des campagnes politiques" et d'avoir perdu "la neutralité qu'elles sont censées observer", deux chaînes de télévision privées, SBS et SOMNews, ont été interdites de diffusion selon un communiqué du gouvernement du Somaliland diffusé mardi 29 mai. Les deux chaînes se voient reprocher leur couverture des manifestations qui secouent la ville de Las Anod, capitale administrative de la région de Sool, au sud-est du Somaliland.

Le journaliste pour la chaîne privée SBS Mohamed Ahmed Jama Bidhanshe a également été arrêté la veille alors qu'il couvrait l'une de ces marches de protestation hostiles aux autorités du Somaliland. Cette région de Sool est le théâtre d'affrontements depuis quelques mois entre le Somaliland, autoproclamé indépendant en 1991 mais non reconnu par la communauté internationale, et le Puntland, qui fait partie de l'État somalien. La reprise de combats frontaux à l'arme lourde entre les deux protagonistes qui se disputent le contrôle territorial de la région a accentué la pression sur les journalistes.

Cette arrestation s'ajoute à celle, le 27 mai dernier, d'un journaliste de Bulsho TV, Abdirahman Keyse Tungub, qui avait réalisé et diffusé un reportage relayant l'exaspération des habitants de la région où les combats se sont intensifiés ces derniers jours. Dans un communiqué, le syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ) a condamné une arrestation par les forces de sécurité du Somaliland qui s'apparente à une "manoeuvre pour intimider les journalistes locaux".

"Nous condamnons la fermeture des télévisions privées et demandons la libération immédiate de ces deux journalistes qui n'ont fait que leur travail, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Au contexte sécuritaire déjà dégradé dans lequel évoluent les reporters qui couvrent ce conflit s'ajoute, depuis quelques semaines, une pression accrue et injustifiée des autorités du Somaliland. Les arrestations et suspensions arbitraires doivent cesser et la liberté d'informer être garantie."

C'est déjà la troisième fois en moins de quinze jours que des journalistes sont arrêtés pour avoir relayé des critiques sur les autorités du Somaliland. Interpellé à son domicile le 14 mai, le journaliste indépendant Adam Jama Oogle est resté neuf jours en détention après la diffusion sur Facebook d'un post dans lequel il affirmait que les habitants de la région de Sool soutenaient l'unité de la Somalie. Le journaliste a finalement été libéré sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui.

La Somalie (168e) a perdu une place dans le Classement 2018 de la liberté de la presse établi par RSF.

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