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LES EMPLOYÉS DE LA TÉLÉVISION D'ÉTAT EMPÊCHÉS D'ENTRER À LA STATION

Les employés d'une station de télévision administrée par l'État du Sri Lanka ont été empêchés par la police et l'armée d'entrer au travail hier (17 mars), après avoir menacé de faire grève pour protester contre une série d'attaques dirigées contre eux, rapportent le Free Media Movement (FMM), Reporters sans frontières (RSF) et des dépêches.

Le 17 mars, l'armée et la police ont barré toutes les routes menant à station de la société Sri Lanka Rupavahini Corporation (SLRC) à Colombo, après que les employés eurent décidé de cesser le travail pour dénoncer les agressions physiques dont ont été victimes au moins cinq employés, dont certains ont subi de graves blessures par coups de couteau infligées par des individus que l'on soupçonne d'avoir agi à l'instigation d'un ministre du gouvernement.

Plus de 200 employés ont été renvoyés par la police lorsqu'ils se sont présentés au travail. La prise en main de la station de télévision a entraîné le chambardement de la plupart des émissions; par la suite, le ministère de l'Information a annoncé « des vacances obligatoires » pour tout le personnel, dit RSF.

D'après les employés, les agressions ont commencé après que le ministre du Travail, Mervyn Silva, eut fait irruption à la station de télévision en décembre dernier, accompagné de ses gardes du corps, et qu'il eut agressé un directeur de l'information pour avoir omis de diffuser un discours qu'il avait fait.

Dans une bousculade présentée en direct sur les chaînes de télévision à travers le pays, les employés se sont défendus et ont enfermé Silva et ses gardes du corps dans un bureau jusqu'à l'arrivée de la police, qui a négocié leur sortie.

On soupçonne des hommes de main de Silva d'être derrière ces agressions contre les employés, dont la dernière, survenue le 14 mars à Colombo, visait le directeur adjoint de l'approvisionnement, Arunasiri Hettige, qui a été battu à coups de barre de fer. Le ministre a nié toute implication dans les agressions.

Les représentants syndicaux des employés de la SLRC ont rencontré le président Mahinda Rajapaksa en soirée lundi pour discuter de leurs demandes. Ils ont demandé la démission de Silva, que les employés soient protégés et les blessés dédommagés. D'après les dépêches, Rajapaksa a ordonné à son équipe de sécurité de protéger les employés et d'accélérer les enquêtes sur les agressions.

Ailleurs à Colombo, les domiciles de deux journalistes bien connus, Sunethra Athugalpura du journal « Lakbima » et Sashi Kumara de Sirasa TV, ont été cambriolés et saccagés le 16 mars, dans des circonstances mystérieuses, rapportent le FMM et RSF. Athugalpura avait interviewé Silva récemment.

Les agressions font partie d'une vague de violence dirigée contre les journalistes, vague qui s'est amplifiée à la suite de l'effondrement en janvier du cessez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles tamouls, selon les dires des membres de l'IFEX. Les autorités critiquent publiquement les journalistes qui « manquent de patriotisme », arrêtent et détiennent à répétition des reporters et appellent à une censure stricte de tous les reportages sur le conflit.

« Il est très clair que le gouvernement veut contrôler les médias et les journalistes », dit le FMM.

Consulter les sites suivants :
- FMM : http://freemediasrilanka.wordpress.com/
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=26258
- Associated Press, par l'entremise du « International Herald Tribune » :
http://tinyurl.com/2zumv8
- South Asia News, par l'entremise de « Monster and Critics » : http://tinyurl.com/2ufrzj
(18 mars 2008)

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