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Sri Lanka : Une action conjointe entreprise par des membres de l'IFEX incite le gouvernement à agir

Depuis longtemps, le Sri Lanka est considéré comme l'un des pays les plus dangereux du monde pour les personnes pratiquant le métier de journaliste. Au début de 2008, la situation déjà tendue s'est envenimée, les médias étant de plus en plus souvent intimidés par le gouvernement lui-même. Des commentaires, publiés le 5 juin sur le site du ministère de la Défense, qualifiaient d'ennemis de l'État les journalistes jugés trop sévères à l'endroit du régime, leur auteur se montrant particulièrement critique à l'égard du membre de l'IFEX Free Media Movement (FMM). Le climat continuait de s'alourdir au rythme quasi-hebdomadaire des violentes attaques dirigées contre les médias.

En mai, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et plus de 45 organisations internationales, ont réagi à la situation en lançant une campagne intitulée « Arrêtez la guerre contre les journalistes au Sri Lanka ». Cette campagne appelait le gouvernement à respecter le droit à la liberté d'expression garanti par la constitution du pays, en protégeant et en appuyant ses journalistes. La campagne a abouti à la rédaction d'une lettre conjointe par la FIJ et l'International News Safety Institute, puis à sa signature par 29 membres de l'IFEX, avant d'être envoyée le 20 juin au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon.

La lettre, rédigée en anglais, indiquait que les autorités sri-lankaises « risquent d'encourager ceux qui font usage de violence contre les journalistes et autres professionnels des médias ». Ses signataires dénoncent la violence contre les médias dans ce pays et invitent le Secrétaire général à « convaincre le gouvernement du Sri Lanka de... mettre fin immédiatement à toute action pouvant nuire à l'indépendance et à la sécurité de la communauté journalistique. »

Le gouvernement sri-lankais a presque immédiatement réagi à l'action conjointe. Le 25 juin, un sous-comité présidentiel, formé de ministres du cabinet, a reçu le mandat d'étudier les griefs exprimés par les médias, notamment certaines allégations voulant que des journalistes locaux qui tentaient de couvrir la guerre civile qui secoue le pays, auraient été menacés et harcelés. La FIJ voit d'un bon oeil ces derniers événements, estimant qu'il s'agit d'un « pas positif qui nous aidera à entamer un dialogue et tenter de limiter les dangers auxquels doivent s'exposer les journalistes au Sri Lanka », même si « on exprime ce point de vue très discrètement ».

Ici, la prudence semble de mise : peu après la formation du comité, un journal de Sinhala, contrôlé par l'État, publiait dans ses pages des allégations selon lesquelles le Sri Lanka Press Institute (SLPI) aurait envoyé des Tigres tamouls, se faisant passer pour des journalistes, suivre des formations en Danemark et Norvège. Suite à ces accusations, le directeur adjoint du SLPI, Namal Perera, ainsi qu'un employé du corps diplomatique, Mahendra Amaraweera, furent brutalement attaqués lors d'une tentative d'enlèvement le 30 juin. Au lendemain des agressions, le FMM s'est dit sceptique quant à l'efficacité du comité, déclarant que ses membres devront « prouver leur engagement en identifiant les coupables dans ces meurtres et ces attaques. »

Depuis, le sous-comité n'a fait aucune déclaration publique pour indiquer qu'il avait agi d'une manière ou d'une autre. Le FMM rapporte que malgré le fait que « tous les membres du comité, sauf un, ont visité l'hôpital moins de trois heures après les attaques… il plane toujours des menaces sur le SLPI. »

Malgré cela, la réussite du sous-comité gouvernemental représente le principal objectif des organisations locales et internationales. Avec cet objectif en tête, la FIJ et plusieurs autres organisations de défense de la liberté de la presse et des droits de la personne planifient actuellement une série d'actions de revendication et une nouvelle mission internationale au Sri Lanka dans la deuxième moitié de l'année 2008.

Liens :

FIJ – Mettons fin à la guerre aux journalistes au Sri Lanka, demande la communauté internationale de défense de la liberté de la presse (en anglais) : http://www.ifj.org/fr/articles/stop-the-war-on-journalists-in-sri-lanka-says-world-press-freedom-community

IFEX – ACTION CONJOINTE : Vingt-neuf membres de l'IFEX alertent le Secrétaire général de l'ONU en lui dévoilant des déclarations de membres du gouvernement et de l'armée à l'effet que « les journalistes courent un grand danger » (en anglais) : http://www.ifex.org/sri_lanka/2008/06/20/twenty_nine_ifex_members_alert/

EJC – Sri Lanka va faire enquête dans la foulée d'accusations de menaces envers les médias (en anglais) : http://www.ejc.net/media_news/sri_lanka_to_investigate_claims_of_threats_to_media/


Par Sam Burton, stagiaire à Journalistes canadiens pour la liberté d'expression et au Secrétariat de l'IFEX

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