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WICKREMATUNGE REMPORTE LE PRIX MONDIAL DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉCERNÉ PAR L'UNESCO

Le Prix mondial de la Liberté de la presse, de l'UNESCO, a été décerné à titre posthume au rédacteur sri lankais qui se montrait si critique de la guerre que menait son gouvernement contre les Tigres tamouls et qui avait prédit son propre assassinat.

Lasantha Wickrematunge, le percutant rédacteur en chef du journal « Sunday Leader », a été assassiné le 8 janvier dans une banlieue de Colombo.

Le jury, composé de 14 journalistes professionnels de partout dans le monde, a fait l'éloge de Wickrematunge, qu'il a décrit comme « un homme clairement conscient des dangers auxquels il s'exposait, mais qui n'en avait pas moins choisi de prendre la parole, même par-delà la mort ».

Trois jours après avoir été abattu, le journal de Wickrematunge a publié un avis de décès évocateur, que celui-ci avait lui-même rédigé, « Puis ils sont venus pour moi », dans lequel il disait que ses écrits lui faisaient courir des dangers. « Des institutions des médias électroniques et de la presse écrite ont été incendiées, bombardées, scellées et soumises à la contrainte », écrivait-il. « D'innombrables journalistes sont harcelés, menacés et tués. Ce fut un honneur pour moi d'avoir appartenu à toutes ces catégories et, maintenant, plus particulièrement à la dernière. »

Il ajoutait, « Lorsque enfin je serait tué, ce sera le gouvernement qui l'aura fait. »

Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchi Matsuura, présentera la récompense lors d'une cérémonie à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, que l'UNESCO célébrera cette année à Doha, au Qatar, sous le thème « Le potentiel des médias : Dialogue, compréhension mutuelle et réconciliation ».

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) dit avoir mis Wickrematunge en nomination pour le prix « en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle au journalisme indépendant et pour sa fidélité sans faille aux droits des journalistes ».

Wickrematunge a aussi été le lauréat du premier Prix des Médias d'Asie pour la Liberté de la presse, décerné par le Asia Media Forum à son congrès annuel qui s'est tenu à Bangkok le mois dernier.

Sa veuve, Sonali Samarasinghe Wickrematunge, devait recevoir la récompense en son nom mais de nouvelles menaces contre sa vie l'ont empêchée d'assister au congrès.

Dans une déclaration écrite où elle remerciait le forum pour sa récompense, Sonali a dit qu'en dépit de nombreuses menaces et agressions physiques avant sa mort, Lasantha avait poursuivi son travail sans relâche. « Sa devise, qu'il avait proclamée publiquement, était « sans peur et insoumis », a dit Sonali, qui est avocate et aussi ancienne rédactrice en chef du « Morning Leader ».

« Cela fait plus de deux mois que mon mari a été tué et il n'y a toujours aucun progrès crédible dans l'enquête. Pas d'arme ayant servi au crime, pas de suspect, pas de rapport post-mortem rendu public », écrit Sonali dans sa lettre.

Sonali presse les journalistes d'utiliser le pouvoir de leur plume pour prier instamment le président de permettre la tenue d'une enquête indépendante sur le décès de son mari et celui de 16 autres travailleurs des médias, morts sous le présent gouvernement. « Je ne peux que vous implorer... de voir au-delà du portrait de la démocratie que peignent le président Rajapakse et son gouvernement, qui ont laissé tombé la démocratie au Sri Lanka », dit-elle.

Consulter les sites suivants :
- Le Prix mondial de la Liberté de la presse 2009 décerné à titre posthume au journaliste sri lankais Lasantha Wickrematunge (UNESCO) : http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.php-URL_ID=28500&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
- La veuve d'un journaliste reçoit une récompense posthume « dans la clandestinité » (Asia Media Forum) : http://www.theasiamediaforum.org/node/1053
- « And Then They Came For Me » (Puis ils sont venus pour moi), (« Sunday Leader ») : http://www.thesundayleader.lk/20090111/editorial-.htm
(Photo de Lasantha Wickrematunge, courtoisie du Sunday Leader)

(8 avril 2009)

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