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Menaces et entraves contre les journalistes qui s'intéressent au sort des Tamouls

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est extrêmement préoccupée par les annonces officielles, notamment celles du chef de l'armée, le général Sarath Fonseka, selon lesquelles les journalistes qui se sont rendus dans les zones anciennement contrôlées par le LTTE seront poursuivis. Sur le terrain, l'accès aux camps de réfugiés et aux zones tamoules en général est toujours sévèrement réglementé, empêchant la presse d'obtenir des informations sur le sort des populations tamoules. Des journalistes et des témoins qui ont osé parler ont subi des intimidations ou ont été arrêtés.

"La guerre est finie. Il n'y a plus de raisons pour l'armée d'imposer autant de restrictions au travail des médias dans les zones tamoules, notamment dans l'accès aux camps de réfugiés. Les Nations unies, qui ont délibérément minimisé la souffrance des civils tamouls, comme vient de le confirmer le journal français "Le Monde", devraient se mobiliser afin de faciliter l'accès des camps de réfugiés à la presse et aux organisations humanitaires", a affirmé l'organisation.

L'armée impose toujours des restrictions considérables au travail de la presse. "Aux check points installés sur les routes qui conduisent vers les zones tamoules, les militaires posent toujours la même question: 'Qu'allez-vous faire là-bas?'", explique un humanitaire dans la zone. Les journalistes sont refoulés s'ils n'ont pas d'autorisation officielle. Les rares journalistes étrangers qui ont enquêté sur ces camps ont été ciblés par les autorités de Colombo, notamment l'équipe de la chaîne britannique Channel 4 qui a été expulsée.

La majorité des médias sri lankais n'ont pas envoyé de reporters dans les zones tamoules. Seules les récentes visites d'officiels nationaux ou internationaux, notamment celle de Ban Ki-moon, ont permis à la presse d'accéder à ces zones. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n'a même pas reçu l'autorisation de visiter certains camps de détention.

L'organisation réitère son appel à la libération des trois médecins tamouls Thangamuttu Sathiyamorthi, Thurairaja Varatharajan et V. Sunmugarajah, détenus depuis le 18 mai 2009, pour avoir envoyé des informations aux médias internationaux sur la situation humanitaire dans le Vanni. Des représentants du CICR ont cependant été autorisés à les rencontrer à Colombo.

L'armée tente de répertorier les Tamouls qui ont fourni des informations à la presse étrangère. Un humanitaire, qui s'est rendu dans un camp près de Vavuniya, a confirmé à Reporters sans frontières que des membres de groupes paramilitaires tamouls avaient été infiltrés dans certains camps pour identifier ceux qui tentaient de livrer des témoignages.

L'armée a empêché récemment l'arrivée de plusieurs dizaines de religieuses qui avaient pourtant obtenu l'autorisation du ministère de la Santé de se rendre dans les camps, afin notamment de soulager la détresse psychologique des réfugiés.

Reporters sans frontières dénonce le traitement réservé à Mahamuni Subramaniam, correspondant indépendant de plusieurs médias, notamment l'agence Reuters, à Vavuniya. Le 14 mai 2009, Mahamuni Subramaniam couvrait la visite du ministre de la Justice dans le camp de réfugiés de Ramanathan quand il a été interpellé. Selon les autorités, seuls les journalistes des chaînes Rupavahini et l'ITN ont reçu l'autorisation de prendre des images de la rencontre du ministre avec un général présent sur les lieux.

Le journaliste a été forcé de supprimer tous ses clichés. La police s'est emparée de son appareil photo de valeur, qui ne lui a toujours pas été rendu, bien qu'il ait déposé une demande dans ce sens auprès de la Haute Cour.

"Pendant l'enquête, le général Chandrasiri m'a dit que j'étais suspecté d'être un Tigre tamoul, puis il a ordonné aux militaires de me fouiller minutieusement. Après que je lui ai dit que je travaillais pour Reuters, il m'a répondu que tous les journalistes étrangers travaillaient contre la patrie", a écrit Mahamuni Subramaniam dans une lettre.

Alors que le Conseil des droits de l'homme a adopté une résolution insultante pour les victimes tamoules, le journal "Le Monde" a révélé que les Nations unies, et notamment Vijay Nambiar, le chef de cabinet du secrétaire général, avaient délibérément sous-estimé le nombre des victimes tamoules pour ne pas fâcher le gouvernement de Colombo. Les combats auraient provoqué la mort d'environ 20 000 Tamouls.

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