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Le gouvernement ressuscite le conseil de presse, réputé pour ses positions draconiennes

Le Sri Lanka envisage de faire renaître de ses cendres le Conseil de presse, tandis que la tension perdure entre les autorités et les journaux indépendants, selon ce que rapportent le Free Media Movement (FMM), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Le ministre des médias Lakshman Yapa Abeywardena a confirmé le 24 juin que le gouvernement envisage de ressusciter le conseil, créé en 1973 mais suspendu en 2002.

Le conseil est habilité à imposer de lourdes amendes aux journalistes et aux éditeurs et à les envoyer en prison. D'après la FIJ, le conseil peut aussi interdire certain contenu comme les communications internes du gouvernement et des sujets qui pourraient être jugés « nuisibles à la sécurité nationale ».

« Le Sri Lanka a été l'un des premiers pays d'Asie à dépénaliser les délits de presse. Aujourd'hui le gouvernement veut faire revenir en arrière et imposer des contrôles qui poseront une menace permanente aux médias », dit RSF.

D'après le CPJ, huit groupes sri-lankais de défense des droits des médias, dont le FMM, qui est membre de l'IFEX, ont fait parvenir la semaine dernière au président Mahinda Rajapaksa une lettre dans laquelle ils dénoncent le retour du conseil. « On ne peut fonder une culture des médias en portant des accusations contre les journalistes, en leur imposant des amendes ou en les condamnant à la prison. La société moderne accepte plutôt un mécanisme d'auto-réglementation par des personnes du monde des médias comme façon d'aller de l'avant », écrivent-ils. La lettre rappelle au président qu'il a lui-même défendu la dépénalisation des délits de presse en 2002 devant le parlement.

Selon RSF, le frère du président, le ministre de la Défense Gotabaya Rajapaksa, a regretté publiquement que le Sri Lanka ait aboli les peines de prison pour délits de presse. Il a intenté des poursuites en diffamation contre le groupe de journaux Leader Publications, ce qui a entraîné l'ordre intimé au groupe de ne rien publier sur lui. Néanmoins, le journal « The Sunday Leader » a publié en mai un profil du ministre. La conséquence a été que les rédacteurs ont été cités à comparaître devant le tribunal un peu plus tard ce mois-ci pour répondre à une accusation d'outrage.

Le CPJ rapporte que la pression sur les journalistes sri-lankais est aussi forte qu'elle l'était au plus fort de la guerre contre les Tigres tamouls au début de l'année; un grand nombre d'entre eux ont cessé d'écrire, d'autres ont fui le pays. Le retour du Conseil de presse ne surprend pas, dit le CPJ, parce que c'est « le genre d'instrument que nous voyons dans bien des pays où le gouvernement s'efforce de faire taire les critiques ».

Selon Abeywardena, la décision a été prise après qu'un comité parlementaire eut « découvert » que le gouvernement payait toujours le conseil, même si celui-ci ne fait rien.

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