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Les menaces de mort contre un militant, signe que la répression se poursuit après la guerre

La semaine dernière, un populaire défenseur sri-lankais des droits de la personne a reçu des menaces de mort, ce qui montre bien que la répression de la dissidence se poursuit au Sri Lanka, pendant la période supposée de reconstruction et de paix, disent ARTICLE 19 et Freedom House.

Paikiasothy Saravanamuttu est directeur général du Centre pour des choix différents de politiques (Centre for Policy Alternatives, CPA), une importante « boîte à idées » sri-lankaise spécialisée dans les droits de la personne et partenaire d'ARTICLE 19, souvent citée dans les médias internationaux.

La lettre anonyme, expédiée à son domicile de Colombo, affirme que Saravanamuttu a transmis des renseignements susceptibles d'inciter l'Union européenne à suspendre cet automne les dispositions sur les avantages du commerce préférentiel pour le Sri Lanka.

« Vous ne pouvez nous priver de notre subsistance et vous attendre à vivre - vous comprenez ? Quand on vous aura tué, il y aura sans doute des Ho ! et des Ha ! - mais en ce cas le gouvernement NE sera PAS impliqué et ne pourra jamais nous trouver », dit la lettre.

« En réalité, son organisation a constamment défendu le renouvellement des avantages commerciaux et le fait que le Sri Lanka saisisse l'occasion pour rendre son dossier en matière de droits de la personne conforme aux normes internationales », a déclaré Freedom House.

Les menaces de mort semblent aussi viser à faire pression auprès de l'UE, dit le journal « Guardian ». « Si elle est positive, la décision de l'UE sur les avantages commerciaux sera considérée comme... importante, et sera célébrée par le gouvernement comme preuve d'un soutien international. Mais la décision pourrait aller contre le Sri Lanka, étant donné que de nombreux États d'Europe sont troublés par les actions récentes de Colombo. »

Saravanamuttu a quitté le pays, mais il a dit au « Guardian » qu'il avait demandé la protection de la police. « Il est possible qu'on me l'accorde lorsque je rentrerai au pays. C'est la première fois qu'une menace est dirigée précisément contre moi. »

Les journalistes et les activistes qui critiquent l'État courent le risque d'agressions verbales et physiques, les deux provenant de sources officielles et de groupes d'autodéfense nationalistes, dit Freedom House. Des dignitaires de haut rang, notamment le Secrétaire à la Défense Gothabaya Rajapaksa, sont connus pour faire le parallèle entre critique des politiques du gouvernement et trahison.

« Ce genre de menaces, loin de constituer un incident isolé au Sri Lanka, porte un coup très dur à la liberté d'expression et au débat ouvert, essentiels à la démocratie », déclare ARTICLE 19. « L'espace pour le dialogue social continue à se refermer au Sri Lanka, juste au moment où un débat robuste sur l'avenir du pays est des plus essentiel. »

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