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Un journaliste tamoul condamné à 20 ans de travaux forcés

J.S. Tissainayagam est devenu le premier journaliste à être condamné en vertu de la loi antiterroriste du Sri Lanka
J.S. Tissainayagam est devenu le premier journaliste à être condamné en vertu de la loi antiterroriste du Sri Lanka

AFP via CPJ

Le populaire journaliste tamoul J.S. Tissainayagam vient d'être condamné à 20 ans de travaux forcés après avoir été reconnu coupable de soutenir le terrorisme et d'inciter à la haine raciale, devenant ainsi le premier journaliste à être condamné en vertu de la loi draconienne du Sri Lanka en matière de terrorisme, rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Chroniqueur de langue anglaise travaillant au « Sunday Times » du Sri Lanka et rédacteur en chef du site web de nouvelles OutreachSL, Tissainayagam a été arrêté le 7 mars 2008.

Il a passé cinq mois en prison avant d'être inculpé en août 2008 d'avoir fait la promotion du terrorisme dans le magazine « Northeastern Monthly », qu'il a publié brièvement en 2006. Le magazine critiquait le rôle du gouvernement dans la guerre contre les rebelles des Tigres tamouls et accusait les autorités de rétention de nourriture et d'autres denrées essentielles pour qu'elles n'entrent dans les zones à majorité tamoule.

Le 31 août, un juge de la Haute cour a statué que les articles de Tissainayagam violaient la loi parce qu'ils visaient à créer la « disharmonie communale ».

La cour a conclu en outre qu'il avait reçu de l'argent du LTTE pour financer son site web, mais RSF a établi que le site était financé par un projet d'aide ayant son siège en Allemagne.

« L'imposition à Tissainayagam de cette peine extrêmement sévère donne à penser que certains juges du Sri Lanka confondent justice et vengeance », dit RSF. « Avec l'aide d'aveux extorqués par la force et d'informations fausses ou déformées, le tribunal a eu recours à une loi antiterroriste conçue pour les terroristes, et non pour les journalistes et les défenseurs des droits de la personne ».

D'après la Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui se bat sans relâche pour obtenir sa remise en liberté, Tissainayagam a été torturé de manière répétée pendant son séjour en prison et s'est vu refuser des soins médicaux.

En dépit de la fin de la guerre, l'État sri-lankais continue d'attaquer les journalistes qui n'appuient pas ses politiques.

Selon l'Institut international de la presse (IIP), douze journalistes ont été tués au Sri Lanka depuis 2006, et beaucoup d'autres sont harcelés, menacés et arrêtés. RSF rapporte que le Sri Lanka est l'un des pays du monde les plus durement frappés lorsqu'il s'agit d'enlèvement, d'arrestation et de disparition de journalistes.

Le CPJ a annoncé qu'il rendra hommage à Tissainayagam en lui remettant le Prix international de la Liberté de la presse 2009. Par ailleurs, le Globe Media Forum et RSF rapportent que Tissainayagam sera le premier lauréat du prix Peter-Mackler, « une récompense nouvelle créée pour les journalistes qui font preuve d'un grand courage et d'intégrité professionnelle dans des pays où la liberté de la presse n'est pas respectée ».

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