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Un journaliste est libéré de prison; l'impunité protège les tueurs d'un rédacteur

Tandis que le Sri Lanka se prépare à tenir des élections, un journaliste est libéré de prison, alors que piétine toujours l’enquête sur le meurtre d’un autre journaliste.
Tandis que le Sri Lanka se prépare à tenir des élections, un journaliste est libéré de prison, alors que piétine toujours l’enquête sur le meurtre d’un autre journaliste.

via IPI

Le journaliste sri lankais J.S. Tissainayagam a été libéré sous caution cette semaine, quatre mois après s'être vu infliger une peine de 20 ans de prison, d'après ce que rapportent la Fédération internationale des journalistes (FIJ), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et l'Institut international de la presse (IIP). Les membres de l'IFEX ont également souligné qu'un an après que le rédacteur sri lankais Lasantha Wickrematunge eut été tué, il n'y a aucune enquête sérieuse dans cette affaire, tandis que la culture d'impunité continue d'étouffer la libre expression.

Le meurtre de Wickrematunge dans une rue animée de la capitale, Colombo, a soulevé l'indignation dans le monde entier. Le 7 janvier 2010, la police du Sri Lanka rapportait que Wickrematunge est mort « d'une blessure à la tête infligée par un objet contondant et non par une arme à feu, comme on l'avait cru précédemment », rapporte la FIJ. Dans cette affaire, la négligence a entraîné un retard d'une année complète avant que n'émerge ce détail essentiel, en dépit des assurances données par le gouvernement que la justice suivrait son cours et en dépit des demandes répétées de la famille de Wickrematunge, qui exigeait le dépôt devant un tribunal d'un rapport médico-légal.

L'épouse de Lasantha, la journaliste Sonali Samarasinghe, travaille à une campagne pour obtenir la tenue d'une enquête sur son assassinat et pour faire traduire les tueurs en justice, dit le CPJ. Elle a fait parvenir au président Mahinda Rajapaksa une lettre ouverte dans laquelle elle fait remarquer que son mari figurait parmi les 14 journalistes dissidents assassinés depuis l'arrivée au pouvoir de Rajapaksa, en 2005.

Elle écrit : « Les médias qui opèrent dans le pays sont transformés en instruments de propagande pour vous et vos frères... contraints à la soumission par la “réglementation d'urgence” draconienne que vous avez promulguée arbitrairement ». Dans sa revue de fin d'année, Reporters sans frontières (RSF) fait remarquer que 29 journalistes sri lankais ont été contraints à l'exil en 2009.

La décision de libérer Tissainayagam ne change rien au fait que le gouvernement du Sri Lanka « mine la liberté de la presse et les médias indépendants en ayant recours à une législation archaïque sur le terrorisme pour faire taire... les journalistes critiques », dit la FIJ. Le CPJ accueille favorablement la remise en liberté mais invite le président Rajapaksa « à se prévaloir de ses pouvoirs constitutionnels pour grecier et annuler la peine de 20 ans de prison ».

Le rédacteur tamoul a été interpellé en mars 2008 et inculpé en août 2008 en vertu de la Loi sur la prévention du terrorisme pour des articles critiquant les attaques du gouvernement contre les rebelles des Tigres tamouls, et dénonçant les souffrances des civils que ces attaques ont causées, rapporte l'IIP. Un cour d'appel a ordonné à Tissainayagam de remettre son passeport et de verser une caution de 500 $US.

Tandis que le Sri Lanka s'apprête à tenir des élections le 26 janvier, le groupe Free Media Movement (FMM), basé à Colombo, ainsi que sept autres groupes ont présenté aux candidats un agenda pour organiser une réforme des médias. La déclaration souligne la nécessité d'un plus grand accès à l'information afin de suivre de près la conduite du gouvernement. Elle met également en lumière le recours aux lois sur la sécurité nationale pour museler les journalistes, de même qu'aux médias d'État comme véhicule pour répandre la propagande du parti au pouvoir. Les huit groupes demandent aux candidats à la présidence de souligner leur attachement à la liberté d'expression en abolissant la Loi sur le Conseil de presse, qui permet d'incarcérer les journalistes pendant des périodes pouvant aller jusqu'à 20 ans.

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