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La propagande et l'intimidation des médias critique ont assuré la victoire du président

Le président du Sri Lanka consolide son pouvoir en faisant taire les critiques.
Le président du Sri Lanka consolide son pouvoir en faisant taire les critiques.

via AP

Le président du Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, a remporté les élections présidentielles du 26 janvier après que les médias appartenant à l'État eurent adopté une attitude extrêmement partisane et l'eurent favorisé ouvertement dans leur couverture, indiquent la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Reporters sans frontières (RSF). La violence électorale a été largement répandue, les partisans des deux principaux candidats se sont attaqués aux journalistes, disent les membres de l'IFEX, allant même jusqu'à l'enlèvement d'un reporter politique.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rapporte que les deux principaux candidats à la présidence, Rajapaksa et son principal adversaire, l'ancien chef d'état-major de l'armée Sarath Fonseka, ont entamé des poursuites judiciaires contre des entreprises de presse qui les ont couverts, eux ou leur parti politique, d'une manière critique.

Dans le dernier droit de la campagne avant la tenue du scrutin, les médias contrôlés par l'État ont appuyé le président, faisant fi d'une décision du tribunal et du Commissaire des élections, dit RSF. La semaine dernière, Rupavahini et les stations de ITN TV ont accordé plus de 96 pour 100 de leur temps d'antenne consacré aux nouvelles et aux affaires publiques au président et à ses partisans. « Alarmés par la candidature du général Sarath Fonseka, le président Rajapaksa et ses partisans utilisent et abusent de toutes les ressources de l'État pour obtenir la réélection du président », dit RSF. « La propagande à la télévision est assourdissante et les chiffres que nous publions aujourd'hui sont dignes des régimes birman ou nord-coréen. »

Les principaux partis d'opposition ont eu droit à d'infimes portions de couverture médiatique, et une vingtaine de candidats à peu près ont été totalement passés sous silence, dit RSF. Les médias favorables au gouvernement ont lancé une campagne de diffamation contre l'ancien commandant en chef de l'armée. Une station privée, « Sirasa TV », n'a pu assurer aucune couverture indépendante, ayant été attaquée par des individus armés en janvier 2009. Également, le site web du ministère de la Défense, contrôlé par le frère du président, a fait ouvertement campagne contre Fonseka, indique RSF. Le jour de l'élection, des éléments de l'armée ont encerclé l'hôtel où séjournait Fonseka tandis qu'on procédait au décompte des bulletins, indiquent les dépêches. En outre, rapporte RSF, l'accès à plusieurs sites web de nouvelles indépendants a été bloqué quelques heures avant la diffusion des résultats de l'élection.

D'autres violations de la liberté de la presse ont été commises à travers le pays. Un autocar rempli de journalistes, qui se rendait couvrir le 24 janvier un événement auquel participait Fonseka, a été retenu pendant plusieurs heures par la police militaire, rapporte RSF. La police a pris note des noms et des adresses. Aussi, le domicile d'un dirigeant de l'opposition et rédacteur en chef de l'hebdomadaire en langue singhalaise « Mawbima », maintenant fermé, a été la cible d'un attentat à la bombe le 22 janvier.

Media Freedom au Sri Lanka a déclaré au CPJ que les réseaux de surveillance des élections ont recensé des centaines d'incidents violents reliés à la campagne. La journaliste Thakshila Dilrukshi Jayasena, reporter au service en langue singhalaise de la BBC, a été attaquée le 13 janvier à coups de gourdin par des partisans du gouvernement, selon ce que rapportent le CPJ et la FIJ. Elle s'est fait voler son équipement et a dû être hospitalisée. Pour sa part, le journaliste pigiste Jude Samantha a été agressé le 16 janvier tandis qu'il couvrait des affrontements entre des partisans du gouvernement et de l'opposition, rapporte RSF. Au même moment avait lieu une descente de la police dans les bureaux du journal « Sunday Leader », connu pour son son franc parler, dit RSF.

Par ailleurs, le caricaturiste et journaliste Prageeth Eknaligoda a été enlevé le 24 janvier, rapportent le Cartoonists Rights Network International (CRNI), le CPJ et RSF. La semaine dernière, Eknaligoda a publié une analyse comparative des deux candidats à la présidence, favorable à Fonseka, pour le site web « Lankaenews ». Récemment, il a tenté de trouver un endroit pour organiser la tenue d'une exposition de caricatures, mais en vain, en raison de la crainte de représailles pour avoir irrité le parti au pouvoir, indique le CRNI.

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