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Les attaques contre les journalistes se multiplient après les élections

Les arrestations et l'intimidation des journalistes du Sri Lanka se poursuivent alors que fait rage la répression post-électorale, surtout contre les critiques qui se sont exprimés en faveur de l'opposition, selon ce que rapportent le Free Media Movement (FMM) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Les autorités détiennent et interrogent de nombreux journalistes, bloquent des sites web et ont expulsé un journaliste étranger, ce qui alimente la peur.

Des agents de sécurité ont encerclé à Colombo les bureaux de Lanka eNews, un site web critique vis-à-vis du président Mahinda Rajapaksa, le 28 janvier - lendemain du scrutin, à l'occasion duquel celui-ci a remporté presque 58 pour 100 des voix - rapportent les membres de l'IFEX. Les autorités ont barricadé les portes du bureau, enfermant les employés à l'intérieur, indique la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Un reporter politique de Lanka eNews et critique du président, Prageeth Eknaligoda, est porté disparu depuis le 24 janvier, rapportent des membres de l'IFEX. Le rédacteur en chef et le personnel du site ont reçu des menaces de mort, indiquent le FMM et quatre autres groupes de presse sri-lankais. Lanka eNews et quatre autres sites web critiques de la situation sont bloqués en ce moment.

Des cadres supérieurs du radiodiffuseur d'État, la Sri Lanka Rupavahini Corporation (SLRC), ont agressé et menacé des employés qui n'étaient pas d'accord avec la couverture partisane de l'agence pendant la campagne électorale, disent les membres de l'IFEX. Human Rights Watch rapporte qu'environ une soixantaine d'employés de la SLRC ont signé une déclaration conjointe condamnant l'abus des médias d'État pour la promotion de la campagne électorale de Rajapaksa. Au moins sept des signataires ont été suspendus ou congédiés.

Le rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'opposition en langue singhalaise « Lanka », Chandana Sirimalwatte, a été arrêté à cause d'un article publié le jour de l'élection, rapportent les membres de l'IFEX. Les bureaux du journal ont été fermés le lendemain. Mais l'interdiction du journal a depuis été levée, signale FMM. Le Secrétaire à la Défense Gotabhaya Rajapaksa a menacé récemment d'incendier le « Lanka », rapportent les membres de l'IFEX.

Les journalistes étrangers sont ciblés eux aussi. La journaliste Karin Wenger, de la radio publique suisse, a reçu l'ordre de quitter le pays et a déclaré à RSF : « Je pense que cette décision est liée aux questions que j'ai posées à un officiel lors d'une conférence de presse après l'annonce des résultats. »

Aussi, le 30 janvier, des soldats ont « bousculé » des photographes travaillant pour des agences de nouvelles étrangères lorsque ceux-ci ont tenté d'assister à une conférence de presse que tenait l'ancien général Sarath Fonseka, qui était le principal candidat de l'opposition, rapporte RSF. On a empêché des journalistes de se rendre dans la rue où se trouvait le quartier général de campagne de Fonseka, dans un hôtel de Colombo, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

RSF rapporte également qu'un ministre tamoul du gouvernement, Douglas Devananda, a menacé le journal « Uthayan », basé à Jaffna, de « représailles non précisées ».

D'après le Centre local de surveillance de la violence électorale (Centre For Monitoring Election Violence), on a recensé 33 incidents de violence post-électorale, dont deux meurtres. Aussi, au moins quatre personnes ont été tuées dans des incidents violents reliés aux élections, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Les électeurs ont réélu un régime qui « considère la moindre expression de dissidence comme antipatriotique et (qui) justifie la répression violente comme une mesure corrective », rapporte Index on Censorship.

Une déclaration publique de cinq groupes de défense de la presse du Sri Lanka, dont FMM, précise : « Nous aimerions réitérer qu'à la lumière des élections parlementaires prévues dans quelques mois, il s'avère encore plus nécessaire de rétablir sans retard le droit des gens à l'information en libérant l'environnement médiatique. »

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