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Des critiques de l'État sous surveillance et attaqués

Des journalistes sri-lankais craignent les représailles pour avoir soutenu l’opposition; les critiques de l’État continuent d’être attaqués.
Des journalistes sri-lankais craignent les représailles pour avoir soutenu l’opposition; les critiques de l’État continuent d’être attaqués.

via Human Rights Watch

Tandis que le Sri Lanka s'apprête à tenir des élections parlementaires le 8 avril, un reporter politique enlevé il y a deux mois est toujours disparu, et les journalistes qui ont appuyé le dirigeant d'opposition emprisonné Sarath Fonseka lors des élections présidentielles de janvier sont pourchassés et arrêtés, selon ce que rapportent Reporters sans frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Par ailleurs, une liste controversée d'au moins 30 journalistes et défenseurs des droits de la personne à tenir sous surveillance vient de faire surface, ce qui souligne les menaces qui pèsent sur tous ceux qui oseraient critiquer le régime, indiquent le Free Media Movement (FMM), Index on Censorship et d'autres groupes membres de l'IFEX. Certains membres du FMM figurent sur cette liste.

Au haut de la liste, qui aurait été dressée par les services de renseignement de l'État, se trouvent le directeur général de Transparency International Sri Lanka (TISL), J.C. Weliamuna, et celui du Centre pour des choix différents de politiques (Centre for Policy Alternatives, CPA), Paikiasothy Saravanamuttu. En septembre 2008, des grenades ont été lancées contre la maison de Weliamuna. Et en août 2009, Saravanamuttu a reçu par la poste des menaces de mort. Le CPA est un important groupe de réflexion sri-lankais sur les droits de la personne et partenaire d'ARTICLE 19 et du FMM.

Certaines personnes dont le nom figure sur la liste doutent cependant que celle-ci ait été produite par le gouvernement et voient en elle une escroquerie, disant qu'il y manque le style des conspirations et du terrorisme, typique de l'État, selon ce que rapportent les dépêches. La liste n'insiste pas sur le fait que les journalistes, les activistes et les ONG font face à de graves menaces au Sri Lanka. « Je n'ai pas le moindre doute que beaucoup de gens dans le pays sont étroitement surveillés par l'État », a déclaré un journaliste. « Si vous écrivez quelque chose contre le gouvernement, vous êtes une personne marquée. »

Depuis l'élection présidentielle de janvier, le gouvernement a tenté de réduire au silence les journalistes et les organisations non gouvernementales. Le groupe TISL et le CPA ont rapporté activement les violations électorales et les abus par le gouvernement des ressources de l'État au profit du président sortant, Mahinda Rajapaksa. Le parlement sri-lankais à voté le 9 mars l'extension des règles d'urgence, qui visent systématiquement les activistes, jusque après les élections d'avril.

La réélection du président en janvier « n'a pas atténué son habitude de dénoncer publiquement ses critiques sans preuves, parfaitement conscient que ses propos mettent ses adversaires en danger de la part de gangs de partisans armés », dit Index on Censorship. Le 22 mars, une bande d'individus s'est attaquée aux bureaux des chaînes de radiodiffusion MTV/MBC dans la capitale, Colombo, selon ce que rapportent RSF et la FIJ.

Le mois dernier, le dirigeant de l'opposition Fonseka, ancien chef militaire, a été arrêté et inculpé de sédition, ce qui a déclenché de graves protestations. Plusieurs journalistes qui appuient Fonseka ont été convoqués récemment par la police pour interrogatoire et l'un d'eux a été arrêté la semaine dernière.

Cette année a vu s'abattre une répression particulièrement impitoyable contre les médias indépendants et les critiques de l'opposition. « On instaure une psychologie de peur par enlèvements, homicides et autres formes de pressions », dit le FMM. « Ce n'est pas tant ce qui s'écrit, mais ce que vous ne devriez pas écrire. » Prageeth Eknaligoda, reporter politique à « Lanka eNews », favorable à Fonseka, a disparu le 24 janvier et est toujours porté manquant, en dépit d'appels à la tenue d'une enquête sérieuse. Des dizaines de journalistes ont fui le pays ces dernières années à cause d'une culture d'impunité qui s'est dégradée en 2010.

Lors d'une rencontre avec une délégation du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans la capitale, Colombo, le 10 mars, le procureur général du Sri Lanka, Mohan Peiris, a déclaré que le gouvernement allait assurer la sécurité de tout journaliste sri-lankais en exil qui rentrerait au pays. Cependant, a déclaré le CPJ, « un grand nombre de journalistes avec qui nous nous sommes entretenus à Colombo parlent très ouvertement de leur crainte des représailles de la part du gouvernement après les élections présidentielles, et ils s'inquiètent de ce qui va arriver après les élections parlementaires d'avril. »

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