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La presse souligne un cruel anniversaire

La disparition de Prageeth illustrée par un caricaturiste de Sampaio, au Portugal - une des 12 caricatures présentées lors de la campagne de soutien de « Cartooning for Peace » et de RSF
La disparition de Prageeth illustrée par un caricaturiste de Sampaio, au Portugal - une des 12 caricatures présentées lors de la campagne de soutien de « Cartooning for Peace » et de RSF

RSF

Il y a un an, en janvier dernier, le caricaturiste sri-lankais Prageeth Eknelygoda a mystérieusement disparu. Il y a deux ans ce mois-ci, la station de télévision indépendante Sirasa était bombardée avec une précision toute militaire - quelques jours avant que le rédacteur bien connu Lasantha Wickrematunge, qui se montrait critique de la guerre que menait son gouvernement contre les Tigres tamouls, ne soit assassiné.

Aujourd'hui, aucune de ces affaires n'a été résolue, et personne n'a été traduit en justice. Le groupe sri-lankais Free Media Movement (FMM) et d'autres membres de l'IFEX ont lancé une série de campagnes et d'actions pour commémorer l'un des « mois les plus cruels (du Sri Lanka ) pour les journalistes ».

Le FMM s'est joint le 18 janvier à une alliance des journalistes et des défenseurs de la liberté de la presse à l'extérieur de la gare de Fort dans la capitale, Colombo, pour exiger que le gouvernement accélère les enquêtes sur cette série d'attentats.

Parmi les manifestants se trouvait Sandhya Eknelygoda, l'épouse de Prageeth. Caricaturiste et chroniqueur politique qui appuyait le dirigeant d'opposition Sareth Fonseka, maintenant en prison, Prageeth n'a plus été vu de sa famille ni de ses collègues depuis le jour où il est parti se rendre à son travail au site web de nouvelles favorable à l'opposition « Lanka eNews », le 24 janvier 2010.

Sandhya a publié en décembre une lettre dans laquelle elle plaidait pour une information sur la disparition de son mari. Puis, avec le FMM et d'autres groupes de presse, elle a réitéré sa demande auprès du représentant de l'ONU dans le pays le 24 janvier 2011 - premier anniversaire de la disparition d'Eknelygoda. À ce jour, elle n'a reçu aucune réponse formelle ni de mise à jour de la police, du bureau du procureur général, ni du gouvernement du Sri Lanka, ni même de l'ONU.

Le CPJ a aussi publié un appel au public pour venir en aide à la famille d'Eknelygoda et d'autres journalistes pris dans des difficultés similaires à travers le monde.

En même temps, Reporters sans frontières (RSF) s'est joint au groupe Cartooning for Peace et vient de lancer une campagne internationale de soutien, dans laquelle il utilise 12 dessins de caricaturistes à travers le monde pour symboliser chaque mois écoulé depuis la disparition d'Eknelygoda.

Le cas de Wickrematunge n'est pas meilleur. D'après le CPJ, le 13 janvier, le Président Mahinda Rajapaksa a déclaré aux médias sri-lankais que son gouvernement n'avait aucune preuve pour poursuivre l'enquête sur Wickrematunge.

« Dans les deux années écoulées depuis le meurtre de Lasantha, survenu le 8 janvier 2009, le gouvernement n'a donné que des réponses évasives au sujet de l'enquête tandis que celle-ci était transférée d'instance en instance, comme une patate chaude », dit Sonali Samarasinghe, la veuve de Wickrematunge.

Le FMM tiendra en février un exposé à la mémoire de Wickrematunge.

Par ailleurs, des écrivains d'Asie et de partout dans le monde s'apprêtent à se réunir du 26 au 30 janvier dans la ville méridionale de Galle à l'occasion d'un festival littéraire parrainé conjointement par les grandes agences de promotion du tourisme du Sri Lanka.

« Nous croyons que ce n'est pas le moment pour d'éminents écrivains internationaux... de donner une légitimité à la suppression de la liberté de parole par le gouvernement du Sri Lanka en participant à une conférence qui n'exerce d'aucune façon la moindre pression en faveur d'une plus grande liberté d'expression dans ce pays », disent les Journalistes pour la démocratie au Sri Lanka (Journalists for Democracy in Sri Lanka, JDS), un réseau de journalistes sri-lankais exilés, et RSF, dans un appel en faveur des écrivains et des intellectuels pour appuyer leur campagne pour plus de libre expression au Sri Lanka.

Au Sri Lanka, RSF et JDS sont vilipendés parce qu'ils appellent au boycott, qui selon les critiques réprime la libre parole. RSF et JDS réfutent cette affirmation et répliquent que l'appel presse les organisateurs du festival et les écrivains qui s'apprêtent à y assister de penser un peu à la situation des écrivains, des journalistes et des caricaruristes dissidents du Sri Lanka, comme Eknelygoda et Wickrematunge.

D'après RSF, au moins 14 journalistes ont été assassinés au Sri Lanka depuis 2006, trois ont disparu et plus de trente autres ont été contraints de fuir le pays.

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