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Les journalistes protestent contre la loi sur la presse devant le parlement

Au Soudan, l'avant-projet de loi sur la presse aura pour effet d'entraver gravement la capacité des journalistes d'accéder aux informations et de les diffuser, si jamais il est adopté, disent Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). ARTICLE 19 et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ont également exprimé leur préoccupation au sujet des dispositions répressives de l'avant-projet de loi.

Le Parlement soudanais étudie actuellement une nouvelle loi qui réglemente la presse écrite. Le projet de loi habilite le Conseil national de la presse et des publications (National Press and Publication Council, NPPC) à fermer les journaux, à enquêter arbitrairement sur les journalistes, à révoquer les permis, à confisquer l'équipement et à imposer des amendes outrageusement élevées qui peuvent atteindre 50 000 livres soudanaises (env. 21 500 $US). (Un reportage récent paru dans la « Sudan Tribune », toutefois, soutient que le Parlement soudanais a consenti à abandonner la disposition relative aux amendes.) La loi omet de définir ce qui pourrait constituer un délit requérant de pareilles mesures punitives, ni ne prend de mesures pour assurer l'indépendance du NPPC, un organisme étroitement lié au bureau du président.

En mai, près de 50 journalistes du Réseau des journalistes soudanais (Sudanese Journalists Network) ont protesté contre la loi devant le Parlement, à Khartoum. Aussi le mois dernier, environ un tiers des députés de l'Assemblée nationale ont quitté l'enceinte pour protester contre ce projet de loi.

La FIJ donne son entier appui au Syndicat des journalistes soudanais (SUJ) dans ses demandes de retrait des dispositions répressives de l'avant-projet de loi sur la presse. Le CPJ décrit la proposition de loi comme « un coup dur pour les journalistes », tandis que RSF en parle comme d'« un grave pas en arrière ». Les deux organisations demandent au parlement soudanais de rejeter le projet de loi.

Déjà, la situation des journalistes de la presse écrite au Soudan est extrêmement difficile. La censure a été accrue en février 2008, quand les médias ont accusé le gouvernement soudanais d'avoir soutenu une tentative ratée de coup d'État au Tchad voisin; les tactiques répressives n'ont fait qu'empirer depuis que la Cour pénale internationale a lancé son mandat d'arrestation contre le président Omar Hassan Al-Bashir, rapporte le CPJ.

À l'heure actuelle, des agents du gouvernement sont dépêchés aux journaux à l'heure de tombée pour revoir le contenu et censurer les histoires. Depuis le début de l'année, deux journalistes étrangers, le Tunisien Zouhir Latif et le Canado-égyptien Heba Aly, ont été expulsés du pays. Plusieurs journaux risquent la suspension tandis que le journal « Al-Alwan », visé par une descente l'an dernier, reste fermé.

La FIJ, dans son dernier rapport intitulé « Breaking the Chains Campaign in the Arab World and Iran » (Campagne “Briser les chaînes” dans le monde arabe et en Iran), fait état de pressions constantes sur les journalistes du Soudan et presse le Parlement de considérer les propositions soumises par le SUJ. Par ailleurs, ARTICLE 19 et le Centre de Khartoum pour les droits de la personne et le Développement environnemental (Khartoum Center for Human Rights and Environmental Development, KCHRED) recommandent que le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies renouvelle le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de la personne au Soudan.

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