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Deux journaux censurés et deux stations de radio menacées de fermeture

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières s'inquiète du risque de retour de la censure préalable au Soudan, suite à l'irruption des forces de sécurité soudanaises, le 19 mai 2010, dans les locaux de plusieurs journaux à Khartoum. Celles-ci ont exigé de voir les textes préparés par les rédactions et ont empêché la publication, par deux quotidiens, de plusieurs articles et éditoriaux.

Ces incidents interviennent quelques jours seulement après la décision des autorités du pays de suspendre la parution du quotidien d'opposition "Raï al-Chaab" et l'arrestation de quatre de ses journalistes.

"Après vingt mois d'une censure préalable exercée par les agents des services de renseignements, le président Omar el-Béchir avait ordonné, par décret, en septembre 2009, la fin de cette pratique. Les incidents qui ont eu lieu hier soir semblent tout remettre en cause. Nous craignons que le gouvernement ne soit en train de rétablir la censure, ce qui constituerait un recul historique pour la liberté de la presse et un retour vers les heures les plus sombres de la surveillance d'État sur la presse écrite", a déclaré l'organisation.

Le 19 mai, dans la soirée, après s'être rendues dans les locaux de plusieurs rédactions, les forces de l'ordre soudanaises ont ordonné le retrait et la confiscation de plusieurs pages d'"Ajras al-Hurriya", journal proche des anciens rebelles sudistes, et du journal indépendant "Al-Sahafa". Selon le rédacteur en chef d'"Ajras al-Hurriya", Fayez al-Silaik, plus de la moitié des pages de l'édition du 20 mai de son journal ont été censurées, rendant impossible toute publication.

Par ailleurs, Reporters sans frontières déplore les menaces dont font l'objet deux radios indépendantes du Sud Soudan, Miraya FM et Bakhita, de la part des autorités locales. Le ministre de l'Information et de la Diffusion, Paul Mayom Akech, a publiquement accusé les programmes de la radio Miraya FM d'inciter à la violence ethnique. Selon le ministre, la radio "ne respecte pas son mandat en diffusant des nouvelles semant la discorde". Il a invité la mission des Nations unies au Soudan, propriétaire de la radio, "à présenter des excuses publiques au peuple sud-soudanais" et a donné une semaine à Miraya FM pour "faire le ménage" au sein du personnel, sans quoi la station serait fermée.

La radio Bakhita risque quant à elle de perdre sa licence si elle ne modifie pas la teneur de ses programmes. Le gouvernement sud-soudanais lui reproche d'accorder un traitement trop important aux informations politiques au détriment des programmes religieux.

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