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Après les manifestations anti-gouvernementales et le référendum, les autorités resserrent les contrôles sur la presse

Bien que le référendum du mois dernier au Soudan ait été largement considéré comme un succès, les autorités ont harcelé, bloqué et censuré les médias d'information, locaux et internationaux, qui ont couvert le scrutin, et continuent à réprimer la libre expression devant les manifestations de rue qui se répandent rapidement à travers toute l'Afrique du Nord, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Au cours du week-end dernier, les autorités soudanaises ont tabassé plusieurs journalistes et détenu au moins huit d'entre eux tandis qu'ils couvraient des manifestations d'étudiants qui protestaient contre la hausse du prix des aliments et du gaz à Khartoum - manifestations en grande partie inspirées par les récents soulèvements en Tunisie et en Égypte. Au moins deux des journalistes, Hamza Baloul et Ali Ahmad Haj al-Amin, sont toujours détenus.

Par ailleurs, des officiers de la sécurité ont bloqué la distribution du quotidien indépendant « Ajras al-Huriya » les 20 et 31 janvier, rapportent le CPJ et le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI). D'après le CPJ, le rédacteur en chef Fayez al-Silaik a déclaré que le journal était visé pour la deuxième fois parce qu'il couvrait les manifestations. « La confiscation du journal reflète l'état de panique et la peur que le gouvernement soudanais éprouve à cause du vent de changement qui balaie la région. Ces régimes totalitaires voient dans la presse leur pire ennemie », dit-il.

Le CPJ a également documenté plusieurs cas de violation de la liberté de la presse pendant le référendum qui s'est déroulé du 9 au 15 janvier, et au cours duquel le Sud-Soudan a, à une majorité écrasante, voté en faveur de l'indépendance.

Par exemple, le 10 janvier, la journaliste Rasha Kashan de la BBC et le chef de studio Atef Eladi ont été interrogés deux fois et détenus pendant quatre heures en tout au sujet de leur émission de radio diffusée en direct « BBC Xtra », indique le CPJ. Après cette détention, la BBC a décidé d'évacuer son personnel de Khartoum, rapporte le CPJ.

Pendant la tenue du référendum, les autorités soudanaises ont par ailleurs empêché les médias internationaux d'interviewer des dirigeants de l'opposition, dit le CPJ. Le 10 janvier, des agents de sécurité ont empêché la chaîne de télévision Al-Hurra, laquelle est financée par le gouvernement des États-Unis, d'avoir une entrevue avec le dirigeant d'opposition Moubarak al-Fadil en interrompant la liaison par satellite pendant l'entrevue d'al-Fadil. « Elles ne veulent pas que nous parlions des conséquences et des dangers qui guettent le pays après la rupture du Sud-Soudan », a dit al-Fadil au « Sudan Tribune ».

Le 11 janvier, les autorités de la ville de Port-Soudan, dans l'est du pays, ont fermé l'hebdomadaire « Sawt Barout » après que celui-ci eut publié un article qui demandait l'indépendance pour l'est du Soudan. L'auteur, Abdelgadir Bakash, et le rédacteur, Abouisha Kazem, sont détenus depuis le 10 janvier. La cour d'État de Khartoum a cassé l'affaire le 1er février et ordonné leur remise en liberté, rapporte l'Association des Journalistes d'Afrique de l'Est (Eastern Africa Journalists Association, EAJA).

« Les autorités soudanaises maîtrisent l'art infâme consistant à persécuter le messager », dit le CPJ. « Nous invitons Khartoum à permettre l'accès local et international à l'information en cette période critique pour le pays. »

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