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Les forces de sécurité font la chasse aux journalistes qui dénoncent leurs crimes

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce la campagne de harcèlement lancée contre les journalistes par les forces de sécurité soudanaises. Ces dernières, bien décidées à faire taire ceux qui les dérangent, ont demandé au ministre de la Justice d'interroger trois journalistes qui avaient dénoncé leurs exactions commises contre des militants des droits de l'homme.

"La collusion entre le ministère de la Justice et les forces de sécurité est inacceptable. Au nom de quoi ces dernières dictent-elles à la justice soudanaise les enquêtes qu'elle doit mener ? Cette affaire témoigne une fois de plus de la volonté des autorités de museler la presse et de limiter la liberté d'expression. Rien ne doit empêcher les médias d'évoquer les violations des droits de l'homme au Soudan, qui restent une réalité extrêmement préoccupante", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de l'organisation.

Faisal Salih, Amal Habbani et Faiz Alselaik, tous trois journalistes réputés et militants des droits de l'homme, ont été entendus par le ministre de la Justice. Les forces de sécurité leur reprochent d'avoir publié des articles révélant les viols commis contre des militantes des droits de l'homme. L'une de ces militantes, Safia Ishag, a dévoilé dans les médias les sévices sexuels dont elle a été victime. Plusieurs journalistes ont pris fait et cause pour elle et ont demandé une enquête judiciaire aux autorités. En retour, les forces de sécurité les ont accusés de "diffuser de fausses informations" et ont fait pression sur le ministre de la Justice pour obtenir la sanction de ces journalistes.

Le 14 mars 2011, l'expert sur la situation des droits de l'homme de l'ONU au Soudan a accusé les autorités de violer les libertés fondamentales, comme la liberté d'expression. L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a pour sa part dénoncé une politique systématique de répression, ainsi que des mauvais traitements et parfois des tortures sur les détenus.

À plusieurs reprises, Reporters sans frontières a condamné les conditions de détention des journalistes au Soudan attirant l'attention sur les tortures subies par ceux de "Rai-al-Chaab", d'"Al-Midan", ou d'autres arrêtés en février.

Reporters sans frontières a cependant appris avec soulagement que les trois derniers journalistes de l'hebdomadaire d'opposition "Al-Midan" qui étaient détenus à Khartoum ont été remis en liberté. Mohamed Aldirderi, Samir Salaheldin et Abdelazeem Albadawi, ont été libérés le 14 mars, après un mois et demi de détention.

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