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Les gouvernements ne respectent pas leurs promesses de liberté des médias

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF) accueillent favorablement la promesse du Président Omar al-Bachir de libérer tous les journalistes détenus au Soudan - mais ils se demandent s'il tiendra sa promesse. Par ailleurs, deux mois après l'indépendance, l'environnement médiatique au Sud Soudan est sous-développé et mal équipé, dit ARTICLE 19.

L'annonce de Bachir a été faite le 27 août lors d'un dîner où il recevait des journalistes locaux qui lui avaient demandé la grâce de leurs collègues, dîner qui coïncidait avec le mois sacré du Ramadan. Cette annonce été suivie le lendemain de la libération de Jafaar al-Subki, reporter au quotidien privé « Al-Sahafa », qui était détenu au secret depuis novembre 2010, selon ce que rapporte le CPJ.

Aucune grâce officielle n'a été accordée par le gouvernement, ce qui fait planer le doute quant à l'identité des journalistes qui pourraient être remis en liberté et de ceux qui vont rester en prison.

Au moins sept autres journalistes sont toujours détenus sans procès, disent RSF et le CPJ; certains d'entre eux travaillent pour Radio Dabanga, mise hors la loi. On croit que tous ces journalistes ont couvert la situation au Darfour, un sujet extrêmement sensible pour le gouvernement.

En novembre, après une vague d'arrestations, le gouvernement a fermé le bureau de Radio Dabanga à Khartoum et interdit la station. Celle-ci, qui diffuse depuis les Pays-Bas, est une chaîne de radio indépendante qui couvre toujours les nouvelles et les informations sur le Darfour.

Selon RSF, sept employés de Radio Dabanga qui étaient détenus depuis octobre 2010 ont été accusés d'avoir divulgué des secrets d'État, de saper le système constitutionnel, d'avoir appelé à la résistance et d'incitation à la sédition. Ces crimes sont passibles de la peine de mort.

Les membres de l'IFEX traitent souvent des attaques continuelles du Soudan contre la liberté de la presse - depuis des attaques contre les journalistes et les publications au moyen d'accusations criminelles bidons et de procédures judiciaires abusives, jusqu'à la confiscation des journaux. Le 4 septembre, les forces de sécurité ont confisqué des numéros de « Al-Maydan », le bihebdomadaire du Parti communiste soudanais (PCS), ainsi que du quotidien « Al-Jarida », selon ce que rapportent Index on Censorship et le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI).

Index on Censorship rapporte que l'Assemblée nationale du Soudan envisage de déposer des lois sur la presse et d'autres mesures encore plus restrictives qui vont étouffer encore davantage la liberté d'expression. Le parti au pouvoir au Soudan étudie par exemple la possibilité d'appliquer la censure préalable à la publication, mesure par laquelle des officiers de la sécurité passent les journaux au crible pour y relever tout ce qu'ils estiment non conforme et le faire retirer avant l'impression.

Par ailleurs, le nouvel État du Sud Soudan, submergé par ses propres besoins de développement, ne comprend pas que « les médias indépendants peuvent protéger les gens et promouvoir le développement durable », fait valoir Henry Maina d'ARTICLE 19.

Depuis la naissance du nouvel État, le 9 juillet, le Président Salva Kiir Mayardit a inauguré son administration sans une politique d'ensemble en matière de médias et d'information, dit Maina. Le gouvernement a plutôt donné priorité à la santé, à l'éducation, à l'agriculture, aux infrastructures et à la sécurité. Cette négligence des journalistes provient d'une très faible compréhension de la façon dont les médias sont capables de jouer un rôle vital dans le développement du pays, en donnant une voix aux citoyens qui jusque-là étaient réduits au silence, dit Maina.

En fait, les officiers de la sécurité appliquent au nouveau pays la Loi de 2004 sur le Conseil de presse du Soudan - ils ont par exemple arrêté et poursuivi le rédacteur en chef du journal « Citizen » de Juba, Nhial Bol, en vertu de cette loi.

Maina rapporte que le Président ne peut mobiliser les citoyens sud-soudanais pour les engager dans le développement du pays sans l'appui des médias locaux et nationaux. « Les citoyens doivent être informés clairement pour pouvoir aider le gouvernement dans la mise en oeuvre des politiques clés et des priorités immédiates de la jeune nation », dit-il. « Cela pose clairement la question de la création durable d'une télévision et d'une radio publiques, et de médias sur Internet ».

ARTICLE 19 presse le Président de faire adopter immédiatement le projet de loi sur le droit d'accès à l'information, le projet de loi sur la radiodiffusion à titre de service public, ainsi que le projet de loi sur la gestion des fréquences de radiodiffusion.

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