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Deux journalistes soudanaises dans le collimateur des services de renseignement

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 14 septembre 2015.

Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement préoccupée par le harcèlement des services de sécurité soudanais contre les journalistes Eiman Mustafa et Hiba Abedazeem à Khartoum.

Depuis son arrestation le 6 septembre dernier, dans la cité d'Ondurnam, la journaliste du quotidien Al Jareeda, Heiman Mustafa, est convoquée quotidiennement au bureau des services de sécurité (NISS). Les 8, 9 et 10 septembre, elle y a passé plus de douze heures d'affilée par jour. Le NISS la questionne sur un de ses articles publiés le 4 septembre évoquant des conflits d'intérêts de certains politiciens qui bloquent au Parlement une loi sur l'agriculture depuis 2010. Les services de sécurité s'intéressent également à ses affiliations politiques et ses liens supposés avec les mouvements de jeunesse puisqu'elle a été arrêtée alors qu'elle était en en compagnie de jeunes gens impliqués dans l'organisation des commémorations des évènements de septembre 2013. La raison de sa présence à leurs côtés n'a pas encore pu être clairement liée à ses activités de journaliste.

Le 10 septembre, une autre journaliste a été arrêtée et questionnée par les mêmes services de renseignement. Hiba Abedaazeem du journal Al Sudani avait rendez vous avec ce qu'elle pensait être une source dans le sud de Khartoum, à Afra Mall. Arrivée sur place, elle a trouvé quatre véhicules du NISS. Les officiers l'ont arrêtée et menée à leur bureau où ils l'ont questionnée pendant plus de deux heures à propos d'un article paru le 2 septembre sur la pollution de l'eau dans l'Etat de Khartoum.

"Les arrestations pour interrogatoire des journalistes sont monnaie courante au Soudan, où le NISS dispose d'une totale liberté pour mener les actions qu'il souhaite," déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. "Ces deux journalistes ont simplement écrit des articles sourcés, équilibrés mais qui ont le malheur de pointer du doigt les pratiques de certains élus du pays. A ce titre, elles sont persécutées. Nous demandons au gouvernement soudanais de mettre un terme immédiat aux interrogatoires et convocations intempestives de journalistes qui, ne sont rien d'autre que du harcèlement et qui ternissent fortement l'image du régime."

Le Soudan s'illustre régulièrement par sa politique répressive envers les journalistes et les médias. Arrestations arbitraires, saisie de journaux, fermetures forcées, tous les moyens sont bons pour tenter de contrôler l'information dans ce pays qui ocuppe la 174eme place sur 180 pays dans l'édition 2015 du Classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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