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VINGT-CINQ GROUPES EXIGENT LA LIBÉRATION DES PRISONNIERS D'OPINION

La liberté de la presse en Syrie vient de subir un recul pénible avec l'incarcération récente de dissidents. Sous la direction de l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (EOHR), 23 groupes membres de l'IFEX et deux autres ONG exigent du président syrien Bashar al-Assad la libération de tous les « prisonniers d'opinion » détenus dans le pays.

L'éminent juriste et défenseur des droits de la personne Anouar al-Bunni et le journaliste Michel Kilo ont tous deux été arrêtés l'an dernier - et sont détenus depuis - pour avoir signé la Déclaration Beyrouth-Damas, Damas-Beyrouth, qui appelle à de meilleures relations avec le Liban. La déclaration a été signée par plus de 300 ressortissants syriens et libanais et a déclenché une vague d'arrestations.

Al-Bunni a été condamné en avril 2007 à cinq ans de prison pour avoir été signataire de la déclaration et pour avoir « répandu des nouvelles fausses ou exagérées qui affaiblissent l'esprit de la nation ». Kilo, de même que le militant Mahmoud Issa, a été reconnu coupable d'« affaiblir le sentiment national », de « répandre de fausses informations » et d'incitation à « la dissension religieuse et raciale ». En mai, Kilo et Issa ont été condamnés chacun à trois ans de prison.

Les 25 groupes ont exprimé en outre leur préoccupation concernant Kamal al-Labouani, un médecin âgé de 50 ans, chef d'un groupe de défense de la démocratie. Al-Labouani a été condamné en mai à 12 ans de prison - et aux travaux forcés - après avoir été reconnu coupable d'être entré en contact avec un pays étranger et d'avoir « encouragé les attaques contre la Syrie ». Il avait été arrêté en novembre 2005 à son retour d'un séjour aux États-Unis, où il avait rencontré des gens de la Maison-Blanche et lancé un appel à une réforme démocratique en Syrie. La peine contre al-Labouani est considérée comme la plus dure imposée à un dissident depuis que le président Bashar al-Assad a succédé à son père, en 2000.

Dans une autre affaire, le militant et ancien député Riad Seif a été empêché de se rendre à l'étranger pour recevoir des soins médicaux en raison d'un cancer de la prostate. La demande officielle de voyage de Seif - pour des raisons de sécurité, il ne peut voyager sans autorisation - lui a été refusée en août par les autorités de sécurité syriennes. D'après Human Rights Watch, les enseignants Aref Dalila et Riad Drar sont également détenus pour avoir affirmé leur droit à la liberté d'expression.

Les 25 groupes pressent le président al-Assad de libérer tous les prisonniers d'opinion détenus pour s'être exprimés de manière non violente, de travailler à consolider la liberté d'expression et à mettre fin à toutes les pratiques répressives menées contre les journalistes et les militants, y compris au harcèlement, à la torture et à la détention arbitraire.

La Syrie vit sous le régime de la loi d'urgence depuis que le parti Ba'as a pris le pouvoir à l'occasion d'un coup d'État en 1963 et a interdit toute opposition politique. Selon Al-Jazirah, le gouvernement al-Assad demeure sensible à la critique de sa politique libanaise après que la Syrie eut retiré ses troupes du Liban à la suite de l'assassinat en 2005 de l'ancien premier ministre du Liban, Rafiq al-Hariri.

Consulter les sites suivants :
- Déclaration conjointe de l'IFEX : http://tinyurl.com/2cez79
- « Communiqué de l'IFEX », pleins feux sur la Syrie : http://tinyurl.com/35vhu8
- Dossier de Human Rights Watch sur la Syrie : http://tinyurl.com/2ylkmq
- HRinfo : http://www.hrinfo.net/en/
- Comité international d'appui à Michel Kilo : http://www.michelkilo.com/index.eu.htm
- Organisation nationale pour les droits de la personne en Syrie : http://www.nohr-s.org
- Free Syria : http://www.infos-syria.org/
(11 septembre 2007)

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